A peine sorti de prison, Ralph Schwartz (Charles Boyer) renoue avec son milieu de petits malfrats et, surtout, avec sa maitresse pas farouche (la jolie et méconnue Florelle).
L'action se déroule à Berlin, les personnages sont allemands et leur francisation donne au film un aspect décalé et un peu étrange, impression renforcée peut-être par le formalisme de la réalisation, les cadrages et les éclairages particuliers de Robert Siodmak.
Son éclectisme fait aussi l'originalité du film en même temps qu'il détermine un certain manque d'unité. "Tumultes" est simultanément un récit policier, un drame passionnel, une chronique populiste au centre desquels Charles Boyer fait une pittoresque composition de mauvais garçon à l'ancienne, rictus à l'appui. Cette multiplicité fait la valeur du film, cependant que l'intérêt, pour le sujet, reste relatif.
Conjointement à une intrigue assez décousue et pas vraiment palpitante, la personnalité des protagonistes a ce côté réducteur conforme au cinéma des années 30 peu enclin encore à la complexité et aux nuances. Ainsi, les bonnes intentions du metteur en scène sont-elles quelque peu décrédibilisées par des comportements trop simplifiés ou une interprétation parfois trop appuyée.