Et pour ce soir :
Tunnel, 2016, de Kim Seong-hun, avec Ha Jung-Woo dans le rôle de Jung-soo.
Synopsis souterrain : Jung-soo travaille chez Kia Motors. Aujourd'hui, il rentre voir sa fille pour son anniversaire. Pour se faire, il doit passer par un tunnel qui lui permet de rentre chez lui. Arrivé à un peu plus de mi-chemin de ces presque 2km sous terre, il découvre avec horreur que le tunnel s'effondre sur lui. Prisonnier de sa voiture mais en vie, il se retrouve à devoir faire confiance aux sauveteurs qui vont devoir dégager la voie jusqu'à lui. Mais l'affaire fait grand bruit, les journalistes sont sur place, le gouvernement s'empare de l'affaire, chacun y voit l'opportunité d'y tirer son épingle du jeu. Mais une seule question demeure, jusqu'où leurs intérêts iront en accord avec Jung-soo (et accessoirement, est-ce qu'il va survivre ?).
Mon amour du cinéma coréen n'est plus à dire, je ne compte plus le nombre de pépite que je découvre chaque mois (d'ailleurs, le prochain gros film coréen à être visionné sera Memories of Murder de Bong Joon-Ho) et Tunnel faisait partie de ces films qui m'attirait franchement : Le traitement du cinéma coréen sur les films catastrophes (comprendre un film avec à la fois une esthétique et un message en arrière-plan, ou en tout cas un aspect moins manichéen que ce que l'on peut trouver dans le cinéma américain). En plus, son affiche est super cool (et même sa phrase d’accroche marque : « Vous entrez dans un tunnel. Ça va couper »). Et du coup, c’est comment ?
Bah… C’est franchement pas mal du tout ! Bon, par contre, mettez tous de suite le film en VO, sa VF est proprement imbuvable, on a l’impression que les secours se branlent de ce pauvre gars. C’est un bon huit-clos bien claustrophobe qui saura vous mettre mal à l’aise sans trop de souci. Par ailleurs, chapeau de gérer sa caméra aussi bien, dans des espaces aussi exigus, on n’est jamais perdu alors que l’on sent qu’il galère bien comme il faut pour se mouvoir dans sa bagnole. Au passage, sacré pub pour les Kia, parce que c’est fou, l’autonomie de ces bagnoles en terme d’électricité (et même d’essences !).
Le cœur de ce film, c’est les questions d’ordres sociales qu’il pose. La place des journalistes dans la situation, comme une bonne mouche à merde autour d’un joli festin (même s’ils font ce qu’ils peuvent pour trouver leurs choux gras), où le malheur de la situation sert à faire la une au maximum, jusqu’à capitaliser les directs avec la victime, sans prendre en compte les risques qu’ils lui font subir. Mais je vous rassure, eux, ils sont presque sympa, parce qu’à côté, vous avez aussi le gouvernement (incarné par sa ministre) qui, lui, se sert de cette affaire pour améliorer leur image, monter l’histoire comme un tout où chaque coréen est derrière eux, pour permettre à Jung-soo de s’en sortir. Des conneries, quoi… Et puis il y a l’avis de la population, nourri et biberonné par la presse, qui commente, qui juge. Et on voit tout ce petit monde qui tourne autour des sauveteurs, pressurisant leurs situations, et celle de la victime… Les coréens ont ce truc pour mêler le divertissement à la critique sociale, c’est toujours un pur plaisir de regarder ce genre de cinéma !
Cependant, tout n’est pas rose. Déjà, le final peut laisser un peu sur sa faim. Dommage, j’aurai sans doute préféré une autre fin, qui appuierai davantage la critique sociale. Il y a aussi un côté « ascenseur émotionnel » très superficiel, où il paraît évident que c’est juste temporaire, que c’est loin d’être réglé. Dommage, le film se perd légèrement dans ce genre de choix , ce qui fait qu'il aurai pu être plus court. Mais sinon, le film fonctionne, on n’en sort pas, et il tient en haleine jusqu’au bout. Et si ce genre de délire vous plais, je vous recommande vivement Buried, qui lui, pousse l’expérience de la claustrophobie encore plus loin. Un très honnête 7/10