Twinless
6.6
Twinless

Film de James Sweeney (2025)

Le postulat est puissant et habilement développé. Cette « bromance » tordue, presque déplacée, est le véritable moteur du récit. « Twinless » n’aborde pas tant l’identité sexuelle comme thème central – ce n’est pas « All of Us Strangers », même si sa dimension LGBTQ+ est traitée avec une grande délicatesse – mais plutôt l’intimité masculine, l’amitié entre hommes, le besoin de connexion et la façon dont celui-ci peut se muer en obsession.

James Sweeney maîtrise avec brio un mélange incroyablement efficace de genres et de tons, oscillant entre humour, angoisse et tristesse amère en frôlant même le thriller psychologique qu’il préfère finalement éviter.

Les moments tristes se mêlent à l’humour noir pour aborder de manière intéressante et originale des thématiques lourdes : le deuil et la solitude . le cinéaste sait faire monter la tension lentement jusqu'à son point culminant, livrant un film profondément poignant et d'une grande force émotionnelle.

Le scénario est très bien construit. Il sonne comme l'écho déformé d'une expérience vécue et dégage une authenticité troublante, qu'on ne trouve pas dans les manuels d'écriture de scénarios. Lorsqu'on découvre que l'un des deux protagonistes n'est autre que, le cinéaste James Sweeney lui-même on se dit qu’on est témoin de l'examen chirurgical d'une plaie ouverte et non de sa guérison. De plus, Il crée des personnages d'une telle complexité et d'un tel magnétisme que le spectateur cherche naturellement à éprouver de l'empathie pour eux et à justifier leurs décisions, même les plus odieuses.

Dylan O’Brian est très bien , son potentiel sympathie, qu’il avait gagné à ces débuts avec la série Teen Woolf, est intacte ety le film repose en grande partie sur sa performance : sensible, maladroit, drôle, bouleversant . Il est incroyablement Hot et, absolument époustouflant.

Le personnage joué par Sweeney, Dennis, quant à lui, est assez dérangeant, : son obsession, ses références à la culture pop et son vide intérieur brossent le portrait troublant de quelqu'un qui aspire à ressentir ce qu'il n'a jamais connu. Un personnage véritablement remarquable et presque inquiétant.

Concis, intelligent, plein de rebondissements et doté d'une idée de départ brillante, « Twinless » est un bon film. Sombre, sensible, drôle et d'une grande sincérité émotionnelle.

#henrimesquida #cinemaetlitteraturegay

HenriMesquidaJr
7
Écrit par

Créée

il y a 7 jours

Critique lue 3 fois

HENRI MESQUIDA

Écrit par

Critique lue 3 fois

D'autres avis sur Twinless

Twinless

Twinless

9

Delse

60 critiques

Ils deviendront jumeaux

Avant de commencer, j’aimerais dire que ce film est un très bon film, mais ce n’est pas un film d’amour, ou du moins pas un film romantique.Nous suivons l’évolution et la rencontre de Dennis et...

le 7 oct. 2025

Twinless

Twinless

8

Fatpooper

14224 critiques

Le péril d'être bon

C'est une belle surprise.Le film perd de sa superbe avec cette fin un peu trop 'rangée' et convenue. Et puis toujours ce mensonge comme conflit ultime pour créer une pseudo rupture ; l'auteur aurait...

le 14 déc. 2025

Twinless

Twinless

Gêne

Super jeu d’acteurs. Quelque chose me gêne dans ce film, j’ai du mal à préciser les contours de ce malaise : la violence, le mensonge, … très étrange. Pas sur d’avoir compris, non plus, le thème du...

le 7 nov. 2025

Du même critique

Jonas

Jonas

8

HenriMesquidaJr

2794 critiques

Critique de Jonas par HENRI MESQUIDA

Magnifique premier film d'un jeune réalisateur ultra talentueux et plein d'avenir. Je l'ai vu en avant première, les acteurs sont tous formidables et bien dirigés, le scénario est malin et tient en...

le 16 sept. 2018

L'Œuvre au noir

L'Œuvre au noir

9

HenriMesquidaJr

2794 critiques

Critique de L'Œuvre au noir par HENRI MESQUIDA

Pour commencer, si vous avez l'intention de lire ce roman et que vos connaissances historiques sont faibles, il va vous falloir réviser. Je pense très sincèrement qu'il est indispensable de bien...

le 12 mars 2017

Werewolf

Werewolf

8

HenriMesquidaJr

2794 critiques

Critique de Werewolf par HENRI MESQUIDA

Attention pas de loup garou dans ce film qui n'est pas non plus un film d'horeur mais un drame psychologique. Nous sommes en 1945. La guerre vient de se terminer mais les premières semaines de paix...

le 2 oct. 2019