Twinless
6.6
Twinless

Film de James Sweeney (2025)

C'est une belle surprise.


Le film perd de sa superbe avec cette fin un peu trop 'rangée' et convenue. Et puis toujours ce mensonge comme conflit ultime pour créer une pseudo rupture ; l'auteur aurait tellement gagné en déjouant cet artifice avec ingéniosité, car pour le reste c'est un film très malin. Un personnage principal pas très futé, et bien exploité dans ce registre, sans condescendance, sans moquerie, juste un peu de taquinerie bien placée, et des réactions logiques. C'est assez rare pour que ce soit bien mis en avant. Un autre personnage principal assez ambigu, avec sa mythomanie comme moyen d'échapper à la dépression. Les deux se trouvent, il s'en dégage une belle amitié. Amitié ensuite mise à rude épreuve quand l'un d'eux tombe amoureux, on passe alors au triangle. Ce troisième personnage, vaguement montré au début, apporte beaucoup, elle est perspicace, intelligente, mais débordante de gentillesse et ça marche. Elle casse un peu trop le duo initial, on regrette de ne plus voir les deux potes échanger ou juste rigoler. Mais ce personnage reste tout aussi passionnant, dommage que l'auteur n'aille pas plus loin pour mieux justifier le précédent abandon.


La mise en scène est simple, efficace. Pas de gros plans pour surligner les émotions, mais un découpage varié, une belle exploitation des espaces, des points de vue forts. Et puis une maîtrise qui permet à l'auteur/réalisateur/acteur de passer de la comédie au drame sans problème. Puis il y a Dylan O'Brien. Je le trouve sympa mais il ne m'a jamais vraiment subjugué il me semble. D'ailleurs, je donne comme exercice, chaque année, le fanbook, mes élèves doivent donc me présenter une passion au travers d'un petit livre de 10 pages contenant photos, dessins, textes, et je pense en avoir reçu deux consacrés à cet acteur ; j'aimerais bien retrouver ces élèves que je n'ai plus et leur dire d'aller voir ce film si ce n'est pas encore fait, et que j'ai moi-même ouvert les yeux sur son talent. Il incarne deux personnages différents, deux jumeaux, il le fait simplement, avec un peu de caricature mais pas trop. Et ça passe. Mais surtout, il est à fond, que ce soit pour jouer le gros beauf qui défonce un homophobe dans un parking ou pour jouer le gay qui culbute son petit mec dans tous les sens, on y croit. Mais il n'y a pas que ça : ces petits moments d'hésitation, d'émotions, ce plan où il pleure face caméra. Je lui en veux même d'avoir si bien joué, car il risque de se retrouver dans des drames pourris calculés pour les oscars. De même j'ai peur que le réalisateur se fasse manger par Marvel ou DC. C'est le péril d'être bon.


Bref, chouette film.

Fatpooper
8
Écrit par

Créée

le 14 déc. 2025

Critique lue 44 fois

Fatpooper

Écrit par

Critique lue 44 fois

1
4

D'autres avis sur Twinless

Twinless

Twinless

9

Delse

60 critiques

Ils deviendront jumeaux

Avant de commencer, j’aimerais dire que ce film est un très bon film, mais ce n’est pas un film d’amour, ou du moins pas un film romantique.Nous suivons l’évolution et la rencontre de Dennis et...

le 7 oct. 2025

Twinless

Twinless

8

Fatpooper

14238 critiques

Le péril d'être bon

C'est une belle surprise.Le film perd de sa superbe avec cette fin un peu trop 'rangée' et convenue. Et puis toujours ce mensonge comme conflit ultime pour créer une pseudo rupture ; l'auteur aurait...

le 14 déc. 2025

Twinless

Twinless

Gêne

Super jeu d’acteurs. Quelque chose me gêne dans ce film, j’ai du mal à préciser les contours de ce malaise : la violence, le mensonge, … très étrange. Pas sur d’avoir compris, non plus, le thème du...

le 7 nov. 2025

Du même critique

Taxi Driver

Taxi Driver

5

Fatpooper

14238 critiques

Critique de Taxi Driver par Fatpooper

La première fois que j'ai vu ce film, j'avais 17ans et je n'avais pas accroché. C'était trop lent et surtout j'étais déçu que le mowhak de Travis n'apparaisse que 10 mn avant la fin. J'avoue...

le 16 janv. 2011

Les 8 Salopards

Les 8 Salopards

5

Fatpooper

14238 critiques

Django in White Hell

Quand je me lance dans un film de plus de 2h20 sans compter le générique de fin, je crains de subir le syndrome de Stockholm cinématographique. En effet, lorsqu'un réalisateur retient en otage son...

le 3 janv. 2016

Strip-Tease

Strip-Tease

10

Fatpooper

14238 critiques

Parfois je ris, mais j'ai envie de pleurer

Quand j'étais gosse, je me souviens que je tombais souvent sur l'émission. Enfin au moins une fois par semaine. Sauf que j'étais p'tit et je m'imaginais une série de docu chiants et misérabilistes...

le 22 févr. 2014