Enthousiasmé par une bande annonce nous vendant Chris Hemsworth et son physique de viking démastiquant des ennemis avec tout et n’importe quoi au rythme de Alt-J, j’ai décidé de lancer ce produit Netflix sans aucune conviction.
L’histoire, sorte de décalque de Man on fire shooté à l’adrénaline ne réserve aucune surprise. S’ouvrant comme son ainé sur des images préfigurant le funeste destin de notre héros, il essaie tant bien que mal de se créer sa propre identité en suivant une trajectoire similaire. Notre mercenaire est suicidaire, comme nous le souligne balourdement la scène du plongeon imageant le chemin du héros dans la mission, mais les origines de son trauma ont contre toute attente su atteindre mon coeur de papa dépressif. Car c’est bien là que cet appât à visionnage du N rouge fait un carton en plein coeur, pourtant bien handicapé par des dialogues s’échinant à rappeler toutes les 10 minutes les différentes problématiques histoire de compenser une potentielle pause pipi. C’est ainsi que le métrage réussi à rendre Thor vulnérable et touchant à l’aide d’une scène de confession déchirante, cette machine à tuer devient un homme meurtri et fatigué désirant plus que tout sauver la vie de ce jeune innocent prisonnier de l’univers de violence de son père pour expier son absence aux côtés de ce fils aujourd’hui disparu. Dès lors, son chemin de croix, couplé à celui d’un autre martyre aux motivations trop identiques prendra une tournure beaucoup plus tragique et logique, bien aidé par le lourd contexte d’un environnement hostile n’épargnant personne (avec un rappel sur l’horreur que subit une partie de la jeunesse). Alors ce n’est pas du Euripide mais il faut saluer le geste, après tout le tragédien grec n’avait pas de fusil d’assaut.
Qu’en est-il des empoignades ? Les plans séquences totalement artificiels s’enchainent comme on alignerait des petits pains, mais leurs factures numériques les éloignent des sommets inatteignables représentés par des oeuvres telles que « A toute épreuve ». Pourtant, jouant sur des problématiques d’éjection de douilles et autre retours de flammes induites par les combats rapprochés, sur la fatigue qui s’accumule et sur des blessures qui ne se soignent pas à l’aide de bisous magiques, Sam Hargrave arrive parfois à nous retranscrire un sentiment d’urgence et une certaine sauvagerie, utilisant aussi tous les éléments du décors et la partition bourrine d’Henry Jackman et d’Alex Belcher pour dynamiser l’ensemble. La conclusion n’avait beau me laisser aucun doute, je me suis pris à croiser les doigts pour leur salut, preuve supplémentaire que tout n’était pas perdu.
Au final, oui Tyler Rake n’est qu’un produit de consommation, oui les effets de mise en scène sont aussi artificiels que les explosions numériques et aussi creux qu’un oeuf Kinder, mais même si c’est probablement dû à un excès de sensiblerie de ma part je dois accorder à Extraction (le titre en V.O.) un côté touchant et une agressivité régressive sur lesquels je ne pourrai pas cracher.... Et non je n’ai pas pleuré, ça va pas la tête ?!