Terrés dans une montagne à Taïwan, une femme est frustrée par l'attitude de son mari, qui ne pense qu'à son métier de météorologue ainsi qu'à ses expérimentations avec des souris. L'arrivée d'un bandit en fuite, accompagnée d'une fillette en fugue qu'il fait passer pour sa propre enfant va en quelque sorte raviver des sentiments qu'elle pensait enfouis.
Comme beaucoup, je ne connais pas du tout le cinéma de Taïwan, à l'exception de films de Ang Lee du début de sa carrière, mais Typhoon représente un très beau mélodrame, où le typhon en question (qui se situe à la fin du film) est une métaphore de l'agitation dans ce couple où le travail passe avant tout. Ce qui attriste non seulement la femme (qui s'appelle dans le film.. Chun-Li !), mais la montre dans un état comme je l'ai rarement vu dans un film d'Asie de cette époque : elle hurle son malheur, passe sa frustration dans l'alcool, aimerait passer du temps avec son mari...
On voit quelques très beaux plans d'une ville de Taïwan, où l'urbanisme semble manger la place de la ruralité, mais également une agitation permanente, pas seulement à cause de ce bandit qui doit se faire oublier, jusqu'à aller à cette cabane située en pleine forêt accompagné de cette petite fille qui est elle aussi dans une grande tristesse, car elle apprend que sa mère n'est en pas vraiment une.
Si on excepte toute une partie où des jeunes font irruption dans cette cabane pour faire une soirée improvisée, je trouve que le film a tout de même une grande force évocatrice, celle des mélos qui marquent, avec des sentiments forts. D'ailleurs, j'ai appris que le réalisateur Pan Lei a beaucoup travaillé avec la Shaw Brothers, donc je devrais le croiser un de ces jours...