On peut mourir à cause d'une overdose de vie de con!
Dés son premier film, Bouli Lanners démontre toute ses qualités de réalisateur. Bouli filme la Belgique comme Brel la chante, avec un ciel bas et gris, mais rempli d'humanité.
Lorsqu'on voit la qualité de la photographie et des cadrages de ce film, on se dit que ce n'est pas étonnant que Bouli vienne de la peinture. Chacun de ses plans montrent la beauté cachée derrière l'ordinaire de nos rues, de nos villes, de nos vies ; une beauté contemplative comme dans l'attente que quelque chose nous arrive , comme dans l'attente d'un accident qui la fera changer de voie. Ce qui est fort chez lui, c'est que cette beauté formelle est toujours accompagnée d'une quête de sens même si on le distingue mal. Un sens caché, qui se dévoile à coup de rencontres anodines, comme un peintre crée sa toile à petit coups de pinceau. Un film qui ressemble à la vie quoi !
Tous ses personnages sont attachants, paumés, tellement réels, et cache une bizarrerie derrière la façade de l'ordinaire qui fait qu'on a immédiatement l'impression de les connaitre, de les avoir déjà rencontrés, de les côtoyer au quotidien, de les voir comme on se regarde dans une glace.
Il ne se passe pas grand-chose dans ce film, et pourtant la moindre petite chose, le moindre sourire, la moindre surprise ressemble à un feu d'artifice sublimant les sentiments de ses personnages. N'ayez pas peur de tomber sur un film qui ressemble à ceux des Dardenne ; Bouli est plus subtils que ça. Il filme bien mieux que ça aussi.
Bouli Lanners avec ce premier film montre tout simplement qu'il est un réalisateur de talent avec qui il faudra compter à l'avenir, et son second long métrage « Eldorado » n'a pas démenti cette impression.
Ultranova est un film plein de beauté, de tristesse, d'humanité. Un beau film sur l'attente, sur le changement qu'on espère voir venir en regardant vers l'horizon.