Vanessa Paradis en fée gentille et sexy, ça peut se concevoir; Jean Reno, en sorcier malfaisant, ce n'est pas en soi une mauvaise idée. Quant au reste...
Les deux personnages, par sortilèges interposés, s'affrontent pour la conquête d'une sorte de goden boy -la référence est Bill Gates- dont la date de naissance recouvre pour la jolie fée comme pour son méchant cousin, une curieuse vertu. Plus loin, l'histoire est celle d'une fée qui voudrait être amoureuse, ce qui n'entre pas en principe dans sa fonction.
René Manzor s'exerce au conte de fée et déploie ses artifices poétiques ou fantastiques avec une certaine ostentation. Mais, ni les tours de magie et autres effets spéciaux, par ailleurs pas très futés, ni l'esthétisme chatoyant du film, ne peuvent constituer un sujet.
Car le film de Manzor résulte d'une intrigue creuse, édulcorée par un merveilleux très commun, quand il n'est pas pompeux. C'est un film fouillis, sans unité dramatique ni artistique. Manzor semble naviguer à vue sans beaucoup d'inspiration et sa mise en scène reflète complètement la caractère inabouti, l'absence de rigueur, d'une histoire que même les enfants auront du mal à trouver charmante.