Un an, une nuit ressemble à une lointaine version espagnole du récent Au Revoir Paris d'Alice Winocour. On y suit également un couple après les attentats du Bataclan, traumatisés profondément, vivant par flashbacks cruels leur soirée atroce, ne sachant plus trop comment rester ensemble malgré tout. Oui, le lien avec le film de Winocour ne nous a pas quitté jusqu'à la fin. La différence ? On s'ennuie ferme. Le projet espagnol est vraiment interminable, avec ses 2h05 de personnes bourrées qui font de la philosophie de comptoir (on vous promets : on ne caricature pas, le film est réellement aussi balourd et vain que cela), on sera donc blasé rapidement par les soirées arrosées qui finissent indubitablement sur des cris, sur des phrases toutes faites, piquées à des revues philo ou psy de table de salle d'attente, qui ne nous touchent jamais, à l'inverse des rares flashbacks stressants (étrangement, les seules scènes où l'on ressent quelque chose). Ce n'est pas de gaité de cœur qu'on dit que même notre chouchou Noémie Merlant ne nous a pas sauvé, ni même son partenaire d'écran Naturel Perez Biscayart, car leurs efforts de jeu se perdent dans un rythme inexistant et des sophismes sur la résilience qui nous soûlent, sans besoin de s'enchaîner dix verres dans le buffet. On a une pensée sincère pour les témoignages réels dont le film s'inspire, mais l'adaptation est vraiment fatigante et fastidieuse.