Adapté du livre de Ramon González, survivant de l'attaque terroriste du Bataclan de 2015, Un an, une nuit raconte comment un couple survit après le traumatisme, avec une méthode différente selon chacune de ses deux composantes. Après Novembre et Revoir Paris, le film du Catalan Isaki Lacuesta se rapproche du deuxième pour le travail de deuil mais s'en éloigne, dans un traitement plus dur, et même souvent éprouvant, dès lors que le montage, haché dans toute sa première partie, fait une large place à des flashbacks qui ne montrent heureusement pas tout de cette nuit de terreur mais suffisamment pour mettre les nerfs à rude épreuve. Reconstruction en cours pour existences en péril : chacun ressentira à sa manière les réactions de ses deux personnages principaux même s'il est impossible, pour quiconque n'a pas vécu une telle tragédie, de se projeter. Un an, une nuit est tout sauf confortable, moins généreux et empathique que Revoir Paris, sans doute, mais puissant dans son exécution et justifiant pleinement sa durée de 2 heures 10. Le film doit beaucoup aux interprétations exceptionnelles de Nahuel Pérez Biscayart et Noémie Merlant, dont le couple n'est pourtant pas, a priori, aussi évident que cela. C'est un chemin difficile que celui emprunté par les deux protagonistes d'Un an, une nuit, montré à la fois avec violence et pudeur. Il leur en restera forcément des séquelles et même si la douleur n'est pas la même, elle est aussi partagée par les spectateurs de ce film volontairement peu aimable.