Delon/Deray, ça a donné de grands films comme La Piscine et Borsalino. Seulement, c'était une autre époque. En 1993, Delon a beau avoir encore son nom encadré au générique de Un Crime qu'il produit et adapte, son dernier bon film remonte à quoi ? Notre histoire ? C'était dix ans plus tôt.
Les sourcils toujours froncés, le visage fermé, Delon se fait chier et nous fait chier dans la robe d'un avocat qui vient de faire acquitter son client qui, contre toute attente, lui avoue que c'est lui qui a commis le double meurtre. Ou peut-être pas. Du film de procès, on dérive donc vers un huis clos lénifiant là où un Michel Audiard se serait régalé à mettre au grand jour tous ces vieux secrets familiaux. Au lieu de ça, on a des tirades poussives sur la justice déclamées par Delon avec le plus grand sérieux.
Deux géants du polar des années 70 qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Et un Delon persuadé d'être encore la statue du Commandeur. Mais toujours aussi solitaire. Ce qui fait partie de sa légende.