Play Misty for me est le premier film d'Eastwood derrière la caméra. Pour l'occasion il réunit ses quatre grandes passions que sont le cinéma, la musique (le jazz notamment), les femmes et Clint Eastwood. Clint à la modestie dans le sang, tout le mode sait ça. Conformément à cette réputation, Clint filme Clint en train de regarder une peinture de Clint. Normal. Clint est disc jockey dans une radio locale californienne dont il assure le service de nuit. Grand chasseur devant l'éternel (chasseur de femme bien entendu), il tombe un soir dans son bar de prédilection sur sa plus fervente admiratrice, une folle dingue répondant au nom d'Evelyn, qui l'appelle toutes les nuits pour qu'il lui passe le morceau d'Erroll Garner, Misty (écrite pour l'occasion). Très vite le masque tombe et Clint se retrouve avec une taré aux basques. C'est d'autant plus rageant pour lui que son ex-copine, avec qui il a envie de se caser pour de bon, est justement de retour prête à faire un nouvel essai.

Dans l'esprit de Clint les femmes sont ou folles à lier ou parfaitement adorables mais toujours à ses pieds (sans doute était-ce plus ou moins le cas à cette époque où il avait fait de la démographie une science et de la repopulation américaine un devoir). Clint parcourt ainsi tout le long du film droit dans ses bottes, à peine concerné par la situation, sans jamais se poser la question de son attitude avec la gente féminine, à savoir si ce qui lui tombait sur le coin de la gueule n'avait rien à voir avec ça dans le fond. Ou alors ce n'est pas ça et c'est encore pire : il s'agirait d'une parabole biblique prêchant la monogamie. Clint serait alors puni par le ciel pour ses années de débauches. Mais venant de Clint se serait quand même le comble et Clint n'avait pas encore assez d'humour pour se moquer de Clint...

Concernant la forme maintenant, la réalisation est assez plate et seule la magnificence de la côte californienne du comté de Monterey rend belle les quelques scènes du film qui s'y déroule. Clint filme en gros plan les regards des trois protagonistes (surtout le sien d'ailleurs) comme Leone, s'inspire de Hitchcock et donne à son mentor et ami Don Siegel un petit rôle de barman. Sympa. Ce qui l'est moins c'est quand il se filme enlacer sa dulcinée sous une cascade au milieu des bois, coucher avec sur un parterre de trèfles, toujours dans le bois, et l'embrasser sous le soleil couchant. On ne te savait pas aussi romantique Clint. A moins que tu ne le fasses que pour conter fleurette et lever toujours plus de nanas. Jusqu'à qu'une devienne hystérique et te harcèle. Oh, wait! Mais c'est arrivé!
blig
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le 11 sept. 2014

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