Une variation dans les récits légendaires sur Wyatt Earp et Bat Masterson, deux des policiers les plus célèbres de l’Ouest : leurs débuts à Wichita (une ville qui s’enrichit en accueillant les éleveurs et marchands de bétail) le premier comme marshall et le second comme journaliste au Clarion et ensuite comme deputy de Earp.
Malgré le Cinemascope et l’écran large, c’est un western qui semble à l'étroit. A l’intérieur, tout est un peu figé. Est-ce que Joel McRea est déjà un peu trop vieux pour le rôle ? Il endosse le rôle du justicier avec beaucoup de raideur, comme il tire au pistolet d’ailleurs.
La présentation des conflits de loyauté et d’intérêt entre les notables, les hommes de loi et les journalistes est exposée de manière nette et claire, comme une mécanique bien huilée, et elle est bien jouée (on remarquera notamment le personnage du rédacteur chef sympathique, drôle et triste).
La partie originale et remarquable est le soin apporté à montrer la mise à sac de la ville par des cow boys à la fin de leur long et harassant périple de convoyage, quand ils sont enfin payés. C’est un cliché dans beaucoup de westerns, mais ici Tourneur a pris son temps pour décrire excellemment la montée en puissance joyeuse, arrogante puis inquiétante de ce relâchement collectif, surarmé et dangereux, jusqu’à ce qu’il devienne hors de contrôle.
Le gunfight final, bien qu’un peu complexe est aussi compassé que les autres échanges dans toutes les péripéties. Les trois frères Earp sont à pied face à la troupe des cowboys dessoulés et Wyatt Earp affronte Lloyd Bridges qui veut venger son frere, un homme irascible et malhonnête précédemment tué.
En même temps, un notable félon caché à l’étage est descendu par un autre homme dont il avait tué la femme par accident.
Celui-ci se réconcilie ainsi avec le marshall, qui épousera sa fille jouée par Vera Miles.
Dans ce film, il n’y a ni la subtilité ni la flamboyance ni le mouvement qu’on attend d'un film de Tourneur. On retrouve cependant sa conduite du récit et sa narration précises, sans fioritures inutiles, avec des petites touches d’humour.
Au final : un bon western, un peu décevant car on en attend plus de Jacques Tourneur et de Joel McRea.