- Un monde parfait est une œuvre que je souhaitais découvrir absolument, je m'attendais à découvrir une œuvre subtil et grandiose
et ce fut une belle surprise pour ma part.
Clint Eastwood à la fois réalisateur et acteur est à l'apogée de sa carrière dans les années 90 avec Impitoyable notamment, oscarisés. Dans celle-ci, il plonge le public dans une aventure et une amitié entre un enfant pris en otage et son gangster tout juste évadé de prison (Kevin Costner) vers un road movie dans les contrées du Texas en abordant différents sujets tel que la politique et les liens familiaux.
Une œuvre poignante, drôle et bouleversante que signe ici l'un des plus grands réalisateurs avec une très belle prestation de Kevin Costner qui une nouvelle fois se montre prodigieux après son rôle dans Danse avec les loups, JFK ou encore Bodyguard.
Ici Costner incarne ce truand Butch qui se montre au premier abord attachant puis parfois sombrant dans la folie montrant une inquiétude pour l'enfant mais aussi pour le spectateur
(c'est le cas au début du film lorsqu'il tue son amis dans le champ ou encore sa réaction face au père noir qui frappe son fils, une réaction qui montre la vie difficile et le manque de tendresse qu'il à pu avoir autrefois)
L'enfant Philippe joué brillamment par T.J. Lowther (en témoin de Jéhovah) à ses côtés découvre lui un nouveau monde lui donnant l'accès à tant de chose limité jusque là par sa mère compte tenu de leur religion
(on peut citer les références dans le film comme l'interdiction de fêter les anniversaires, Halloween ou encore de manger des bonbons)
et par l’absence de son père en formant ensemble un duo exceptionnel, performant et très touchant, un duo suivi de près par l'agent U.S Marshall (dont cette affaire à des enjeux politiques) interprété par Clint Eastwood qui joue un rôle secondaire et bien plus en retrait tout au long de l'histoire.
Si le film séduit par sa réalisation soigneuse, l’implication des personnages et une histoire enchantant et plutôt original, on imagine très rapidement le sors réservés aux personnages
(en particulier Butch)
et du dénouement finale triste qui nous attends
(avec une scène finale que l'on retrouve aussi en début du générique, celle de Butch allongé dans l'herbe inerte. Montrant un beau mouvement de caméra)
A noter aussi la très belle musique de Lennie Niehaus au générique de fin.
The perfect World reste un des plus beaux films du Eastwood en tant que réalisateur, il montre le côté perdu, évasif de cette Amérique en manque de repère avec un côté paternel et protecteur important que chacun des personnages tissent.
Un film intimiste, poétique et profond qui se laisse séduire, sans temps morts, dont le spectateur est marqué émotionnellement et dont l'on aimerais voir plus souvent maintenant. Magistral
Tu vois là, on est dans une machine à remonter le temps : regarde derrière, c’est le passé, devant le futur. Si tu veux faire un bon dans le futur, tu appuies sur l’accélérateur ; si tu veux ralentir le temps, tu appuies sur le frein. Et là, c’est le présent. Profites-en tant qu’il est là