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le 1 oct. 2025
SuivreVan, vie, libertés
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Un simple accident mérite-t-il vraiment sa Palme d’or ? Elle semblait lui être déjà octroyée avant même sa projection au festival. C’est ce que je n’ai cessé d’entendre ces dernières semaines, partout dans les médias mainstream : une bonne partie de l’opinion s’accorde à remettre en cause l’obtention de ce célèbre prix cannois. Car en effet, il ne suffit pas d’être un film militant ou avant-gardiste pour être un bon film. Sur ce point-là, je leur donne raison.
Mais je dois bien le reconnaître : en plus d’être un subtil long-métrage militant, dont les conditions de tournage et le contexte politique forcent l’admiration, Un simple accident est un film dont la forme est exceptionnelle. Un bijou d’idées de mise en scène, qui vient dire la réalité matérielle du monde, celle de Téhéran.
Comment rendre compte de l’oppression d’un régime ? Des tortures atroces commises par un bourreau ? Utilisons le hors-champ. Ajoutons aussi que le film a été tourné entièrement dans la clandestinité ; le hors-champ, comme procédé de mise en scène usant de l’invisible, trouve ici toute sa justification.
Le hors-champ, c’est vieux comme le monde. C’est un procédé minimaliste. Mais s’il est utilisé à bon escient, il peut donner lieu à des scènes d’une intensité dramatique et d’une tension bien plus fortes que le "tout montrer". C’est le cas du dénouement, volontairement hors-champ, qui, en plus de jouer sur la tension, est délibérément ouvert, et mobilise ainsi l’imaginaire du spectateur.
Rendre actif le spectateur : c’est l’un des objectifs du film. En proposant une galerie de personnages aux opinions variées, exprimées à travers de longs plans-séquences, Un simple accident invite le spectateur à questionner le lien entre violence et morale. Il produit un discours éthique : qui est légitime à faire acte de violence ? Doit-on se venger de nos bourreaux ?
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Créée
le 4 oct. 2025
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