La bande-annonce, quelque peu trompeuse, donne l'impression d'un ton de comédie acerbe. Ce qui n'est pas vraiment le cas. Il y a bien une sorte d'humour à froid, ou de désinvolture voulue, pendant la première partie. Mais ce sont davantage de petites touches, ici ou là.
La grande force du film est de se diriger subrepticement vers une ambiance nettement plus sombre. La tension monte crescendo, jusqu'à une conclusion mémorable. A l'arrivée, le film apparaît d'autant plus marquant à l'issue de la projection.
On ne peut évidemment pas faire abstraction des conditions de tournage, ce qui rend Un simple accident d'autant plus admirable. Comme l'aura expliqué Jafar Panahi à l'issue de la projection, le film ne doit pas être considéré comme un film politique, ce qui ne manquera pas de surprendre. Dans son idée, un film politique sous-entend des représentants d'un bon côté, et d'autres qui se trouverait du mauvais. A l'inverse du cinéma politique, le réalisateur qualifie son cinéma comme du cinéma social, entendre par là un univers où des êtres humains se retrouvent, acteurs de leur vie dans un système qui, lui, dysfonctionne.
Le niveau de finesse du film, en dépit de son économie de moyens - nécessaire pour éviter que le tournage soit repéré - rend Un simple accident particulièrement subtil. Cependant, on ne peut pas s'empêcher de penser que la Palme d'Or 2025 a un petit côté mea culpa de la part des organisateurs du festival. Comme pour se racheter du fiasco de l'édition 2024 et du "Prix spécial", largement sous dimensionné, accordé aux Graines du figuier sauvage. Et même si Un simple accident reste fort, des films représentants du cinéma iranien sont apparus plus convaincants encore par le passé.