7
le 1 oct. 2025
SuivreVan, vie, libertés
La rencontre avec son tortionnaire a nourri quelques-uns des plus poignants récits de ces dernières années : Incendies, de Mouawad, adapté par Villeneuve, ou plus récemment Les Fantômes de Jonathan...
Voir le film
Il y a quelque chose d’épuisé dans le cinéma mondial contemporain, quelque chose qui sous couvert d’universalité morale s’est progressivement vidé de tout ancrage. L’Iran n’y échappe pas. Depuis quinze ans, une partie du cinéma iranien — celle qui plaît tant aux festivals occidentaux — a troqué la colère pour la métaphore, la politique pour la parabole. On applaudit des fables polies sur la vérité, la culpabilité, la faute, où la caméra flotte entre les murs d’appartements sans qu’aucun souffle du réel ne les traverse. Asghar Farhadi en est devenu le visage : scénariste virtuose de l’ambiguïté désormais confiné dans une neutralité confortable, celle d’un “cinéma humaniste” sans conflit. Ce qu’il nomme dilemme moral n’est souvent qu’un arrangement élégant avec l’ordre existant. Cette élégance narrative devient, chez Jafar Panahi, une condition politique. Farhadi rassure : tout le monde a un peu tort, donc personne n’a raison. Panahi dérange : personne ne peut avoir raison dans un monde où la vérité est interdite. Son cinéma ne prétend pas dire l’universel, il dit l’Iran. Il cherche la vérité même sale ou inachevée sans se soucier du consensus.
Comme souvent, tout commence par une voiture. Un couple à l’avant, un enfant à l’arrière, la route, la nuit. L’image a quelque chose de familier, presque rassurant, jusqu’à ce que le choc survienne. Un chien traverse, la voiture le percute. Le titre se vérifie, l’accident paraît simple. Mais le détail devient fissure. Le trio s’arrête dans un garage où l’attente prend une autre tournure : le garagiste, Vahid (Vahid Moshaberi), se fige. Il reconnaît, ou croit reconnaître, dans la voix du père de famille un son venu d’ailleurs, celui de son ancien tortionnaire. Le découpage devient nerveux, le champ-contrechamp haletant, la peur circule avant même qu’on la comprenne. La scène crée un suspense organique où la mémoire remonte inexorablement.
Lire le reste de la critique ici : https://onsefaituncine.com/critique-un-simple-accident-la-memoire-contre-le-pouvoir/
Créée
le 13 oct. 2025
Critique lue 12 fois
7
le 1 oct. 2025
SuivreLa rencontre avec son tortionnaire a nourri quelques-uns des plus poignants récits de ces dernières années : Incendies, de Mouawad, adapté par Villeneuve, ou plus récemment Les Fantômes de Jonathan...
6
le 26 mai 2025
SuivreOn peut être passionné depuis bien longtemps par le cinéma iranien et saluer le courage de ses réalisateurs qui réussissent à tourner, même sous la contrainte ou sans autorisation, et trouver que Un...
8
le 29 mai 2025
SuivreDepuis quelques années, on sent que le Festival de Cannes veut primer de sa Palme d'or des propositions populaires : Anatomie d'une Chute en 2023, ou encore Anora en 2024. Et c'est selon moi une...
9
le 2 nov. 2025
SuivreAu printemps 2014, un an après la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, Céline (Ella Rumpf) et Nadia (Monia Chokri) attendent leur premier enfant. Si l’acte de...
3
le 8 sept. 2021
SuivreLa carrière d’Aretha Franklin, comme sa voix, est impressionnante et mémorable. Pourtant, au-delà de sa célébrité, elle était aussi une personne qui a lutté contre la maladie mentale, une enfance...
8
le 28 déc. 2020
SuivrePourquoi les studios ne font-ils pas plus de films comme Promising Young Woman d’Emerald Fennell ? C’est le type de long-métrage qui peut plaire à tout le monde, du cinéphile occasionnel aux...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème