7
le 1 oct. 2025
SuivreVan, vie, libertés
La rencontre avec son tortionnaire a nourri quelques-uns des plus poignants récits de ces dernières années : Incendies, de Mouawad, adapté par Villeneuve, ou plus récemment Les Fantômes de Jonathan...
Voir le film
C'est presque une première pour moi. Ça faisait un bail que je n'avais pas vu de film iranien et peut-être d'ailleurs que je n'en avais jamais vu avant. Car il y a quelque chose qui m'irrite dans ces films iraniens qui sont joués dans les salles françaises et européennes : ce sont toujours des films qui dénoncent le régime. Non pas que j'aie la moindre sympathie pour ce régime qui est au niveau des standards d'ignominie que l'on peut observer au moyen-orient. Non, c'est plutôt que je trouve ce choix de programmation limite méprisant envers les cinéastes iraniens, comme si les seuls films valables qu'ils seraient capables de faire étaient des films critiquant le régime des mollahs. On touche là du doigt le soft power occidental, d'autant que la plupart de ces films sont financés par des capitaux européens.
Pour autant, ce simple accident - qui dénonce indéniablement le régime iranien - est un film tout à fait valable. Il est fort bien interprété, avec ses comédiens qui jouent dans un registre proche de celui du théâtre. En dépit de l'économie de moyens, le tournage ayant été contraint par le fait qu'il s'est déroulé de façon clandestine, la tension est palpable tout au long du film. Qui, d'ailleurs, va au-delà de la seule dénonciation, et pose avec acuité la question du sort à réserver à son bourreau lorsqu'on peut disposer de sa destinée. Les divers points de vue des protagonistes s'affrontent, évoluent au fil de scènes - je vais me répéter - qui ne dépareraient pas sur un scène de théâtre. Çà m'a d'ailleurs fait penser à une pièce de Camus, les Justes, qui aborde également cette question : doit-on leur faire subir ce qu'ils nous ont fait subir, au risque de se perdre, ou doit-on rester fidèle à ses valeurs ?
Le film, dans sa conclusion, donne à voir un point de vue, une réponse. Que je ne dévoilerai pas ici bien entendu. Mais tout ça nous fait une palme d'or qui - si elle était peut-être dictée par des considérations géopolitiques - n'est absolument pas imméritée.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Vu au cinéma en 2025
Créée
le 20 oct. 2025
Critique lue 24 fois
7
le 1 oct. 2025
SuivreLa rencontre avec son tortionnaire a nourri quelques-uns des plus poignants récits de ces dernières années : Incendies, de Mouawad, adapté par Villeneuve, ou plus récemment Les Fantômes de Jonathan...
6
le 26 mai 2025
SuivreOn peut être passionné depuis bien longtemps par le cinéma iranien et saluer le courage de ses réalisateurs qui réussissent à tourner, même sous la contrainte ou sans autorisation, et trouver que Un...
8
le 29 mai 2025
SuivreDepuis quelques années, on sent que le Festival de Cannes veut primer de sa Palme d'or des propositions populaires : Anatomie d'une Chute en 2023, ou encore Anora en 2024. Et c'est selon moi une...
10
le 2 sept. 2015
SuivreCe qui frappe avant tout dans ce film, c'est l'extrême jubilation avec laquelle les acteurs semblent jouer leur rôle. Du coup, ils sont (presque) tous très bons et ils donnent véritablement...
10
le 15 avr. 2019
SuivreUn pamphlet au vitriol contre une certaine bourgeoisie moderne, ouverte, progressiste, cultivée. Ou du moins qui se voit et s'affiche comme telle. On peut être d'accord ou non avec Bégaudeau, mais...
5
le 14 déc. 2021
SuivrePedro Almodovar a 72 ans et il me semble qu'il soit désormais devenu une sorte de notable. Non pas qu'il ne l'ait pas mérité, ça reste un réalisateur immense, de par ses films des années 80 et du...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème