Michel Boisrond n’est pas Claude Chabrol et sa satire de la bourgeoisie sent un peu la naphtaline, en grande partie à cause d’une écriture un brin grossière (ça s’arrange sur la fin, notamment au cours des entrevues avec le policier et son enquête) et d’une mise en scène fonctionnelle sinon neurasthénique.
Une riche veuve vit dans une vaste propriété de la Côte d’Azur avec ses deux grands enfants, son beau-père et le médecin de famille, qui est son amant caché. Elle a à son service un jardinier, père d’une jolie jeune fille et un maître d’hôtel allemand. Pour les vacances, elle invite un romancier à succès qui, pour son prochain roman, va s’inspirer de cette petite communauté, qui vit paresseusement entre marivaudage et baignades nocturnes.
Or dès le soir de son arrivée, une jeune fille mystérieuse se donnait entièrement à lui sur la plage. Il apprit le lendemain qu’il s’agissait de la fille du jardinier, attardée mentale. Bien plus tard, la fille de la veuve, amoureuse du romancier, lui annonce que la fille du jardinier est enceinte. Mais dès le lendemain elle est retrouvée morte empoisonnée. Le commissaire vient enquêter.
Les seuls intérêts du film résident dans le personnage de la fille du jardinier, jeune fille handicapée mentale, sadique, nymphomane, qui pend des chats, coupe la tête des poulets à la hache, martyrise les gamins de passage ; et dans celui de ce commissaire de police qui semble lui aussi dévoué à cette famille, enquête d’emblée sur un supposé vol de collier dans la propriété.
Le petit thriller balnéaire ne prend malheureusement jamais. L’interprétation est très inégale : Galabru en fait déjà des caisses pour rien. Le film se perd dans des scènes toutes plus inutiles les unes que les autres, à l’image de la noyade du grand-père que tout le monde vient sauver, créant un moment burlesque complètement incongru et raté, au diapason de ce whodunit sans intérêt du dernier tiers.