Le sujet [tiré du livre du journaliste sicilien Lirio ABBATE et qui a participé au scénario) est intéressant car la Ndragheta, mafia calabraise, reste peu connue et attire peu les media, en raison, notamment de son fonctionnement familial. Le film a pour personnage principal, Rosa, jeune femme qui vit chez sa grand-mère et la famille de son oncle qui participe au trafic de drogue local, la fabrication de fromages de chèvres ne suffisant pas. Elle est hantée par la mort violente de sa mère alors qu’elle était enfant et infligée par la famille car trop bavarde. Malheureusement, le film pèche par excès d’esthétisme (plusieurs longs plan-séquences pas toujours justifiés, travelling circulaire), rappelant « Menocchio » (2018) d’Alberto Fasulo, reste confus (ce qui empêche de s’intéresser aux personnages, tous aliénés par le contexte de vendetta, le trafic de drogue et leurs pulsions) et se contente d’un constat, sans trop d’explications, ni mise en perspective de cette mafia. Le recours à des flash-backs ou des scènes oniriques filmées sans profondeur de champ, avec beaucoup de flous, est désagréable, de surcroit alimenté par une musique angoissante (au violoncelle notamment) pléonastique (de Valerio CAMPORINI FAGGIONNI) alors que la sobriété aurait été aussi efficace. Il existe d’autres films sur la mafia, en mieux, tels que « La main noire » (1950) de Richard Thorpe, « Cadavres exquis » (1976) de Francesco Rosi, « La mafia tue seulement en été » (2013) de Pierfrancesco Diliberto sur Cosa Nostra en Sicile et bien sûr, « Le parrain » (1972) de Francis Ford Coppola, auquel le réalisateur fait allusion (cf. la scène d’une tête de cochon dans la cuisine, en référence à la tête de cheval ensanglantée dans le lit du producteur de cinéma à Hollywood).