Undertone
5.8
Undertone

Film de Ian Tuason (2025)


Un huis clos tendu et intimiste qui mélange thriller psychologique paranormal et film de possession, une économie de moyens au service d’une ambiance anxiogène, c’est ce que nous propose UNDERTONE, premier film plein de promesses du réalisateur canadien Ian Tuason, que l’on retrouvera aux commandes du prochain PARANORMAL ACTIVITY.


Alors qu’elle reste à la maison pour veiller sur sa mère mourante, une jeune femme participe à un podcast d’histoires paranormales qu’elle anime avec un collègue. Tandis qu’ils reçoivent des enregistrements audio d’un mystérieux auditeur, des évènements troublants surviennent.

Voilà une modeste production (distribuée par A24 tout de même) qui vaut le coup d’œil, à regarder seul, dans le noir, avec de préférence un casque sur les oreilles pour s’imprégner totalement de l’atmosphère inquiétante qui infuse le film sur toute sa durée, jusqu'à son climax peut être prévisible, mais inévitable.


Dès les premières minutes, on se retrouve prisonniers avec la protagoniste dans cette grande bâtisse sombre et peu rassurante, puisque la totalité du film va se dérouler entre les murs de la maison, isolés du monde extérieur.

La présence d’une mère en fin de vie au sein du foyer apporte cette ambiance morbide qui règne pendant tout le visionnage, son décès est imminent, la question est, quand cela va t-il arriver ?

Notre héroïne est alors prisonnière de sa condition, seule, face à ses démons intérieurs, et le seul lien qu’elle entretien avec la vraie vie est cette émission de radio qu’elle co-anime avec son ami, qui ne restera pour nous qu’une voix à l’autre bout du téléphone, comme tout les autres personnages du récit.

Pas de quoi nous rassurer, puisque nous sommes donc les seuls témoins visuels de ce qui va se passer dans cette sinistre maison, le point de vue de la caméra est à la fois complice, mais aussi victime du mal qui s’apprête à frapper.


Contrairement aux films classiques de fantômes/possession dont on est gavés chaque année, UNDERTONE prend le contrepied de ne pas surenchérir en jumpscares et autre clichés du genre, mais préfère à l’inverse prendre le parti de faire patienter le spectateur jusqu'au point de non retour. De longues scènes contemplatives d’un décors sinistre, mourrant, s’alternent aux saillies sonores anxiogènes pour faire monter la tension.

L’ambiance qui en ressort n’en ai que plus suffocante, et les seuls moments censés reconnecter le personnage principal à la réalité, lors de ses appels téléphoniques, sont au contraire les scènes où l’action prend une tournure dramatique, de quoi démolir tout les repères de l’héroïne, mais également faire tomber tout les verrous de notre zone de confort.


Si le final tend irrémédiablement vers ce que l’on attendait, le film n’en perd toutefois pas son efficacité et son intensité dramatique.

Grâce à un habillage sonore inquiétant, encore une fois munissez-vous d’un casque pour réellement ressentir l’immerison et les émotions, mais aussi avec des cadrages et des mouvements de caméra renforçant le malaise diffus. Entre plan-séquence qui se ballade dans les pièces de la maison, et plan qui balaie le champ de vision tel une vidéo-surveillance, on s’attend à tout moment à voir surgir quelque menace de ces ténèbres environnants que constituent les pièces de la maison.

Le diable se cache dans les détails dit-on, ici au sens propre comme au sens figuré.


On pourrait faire la comparaison avec l’excellent THE SURRENDER sorti l’an dernier, quoique moins spectaculaire, mais tout autant diabolique, UNDERTONE mise avant tout sur l’oppression du spectateur captif, en mettant le paquet sur les effets sonores, et en laissant bien traîner le suspens de longues minutes pour faire monter crescendo le malaise, comme l’avait si bien fait à son époque LE PROJET BLAIR WITCH.

Peu avare en démonstration de force dans ses effets visuels, le réalisateur maîtrise à merveille les ambiances pesantes et les frissons avec peu de moyen, quelques bruits inquiétants et un décors austère, suffisent à donner ce qu’il faut de frissons dans le dos, pour garder en mémoire un film simple mais diablement efficace.

À voir en VO bien évidement pour conserver l’impact de certaines tournures de phrases.


UOZYBA NI EMOC | COME IN ABYZOU


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le 12 mai 2026

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