Le titre original - The Plainsman- est plus pertinent que celui de la version française. Car les aventures annoncées concernent essentiellement une figure moins emblématique que Buffalo Bill, ce Hickok, héros mi-soldat, mi-aventurier, dont l'action contre les Indiens participe du développement de la colonisation.
Le film de Cecil B. DeMille n'est pas précisément un western modèle, ni sur la forme ni dans l'esprit. Ce film d'action, non dénué d'humour, est marqué par une mise en scène ingénue, incapable de produire un quelconque réalisme humain ou historique. Et il est sans doute plus proche, par son rythme et par l'invraisemblance de l'histoire, du vaudeville que du western...
Pâle exaltation du héros américain, l'intrigue ressuscite quelques personnages représentatifs de la légende du Far West, mais si maladroitement et superficiellement que ces figures incontournables sombrent dans le ridicule. Buffalo Bill, en séducteur mièvre, Calamity Jane en amoureuse masculine, Custer en soldat belliqueux ou le chef indien Mains-Jaunes en indigène farouche sont victimes d'une très involontaires démythification. Plus déplaisant et réac, le mépris dans lequel le cinéaste tient les Indiens caractérise un film raciste et bêtement nationaliste.
Gary Cooper, loin de ses personnages candides -chez Capra en particulier- ne semble vraiment pas à l'aise.