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Vies minuscules
Je me souviens quand j'ai découvert Eddie Marsan pour la première fois. C'était chez Mike Leigh dans son excellent Happy-Go-Lucky, où il incarnait un moniteur d'auto-école très irascible,...
le 3 avr. 2016
Je me souviens quand j'ai découvert Eddie Marsan pour la première fois. C'était chez Mike Leigh dans son excellent Happy-Go-Lucky, où il incarnait un moniteur d'auto-école très irascible, régulièrement exaspéré par l'une de ses élève, la super joviale Sally Hawkins.
Dans Still Life, il est John May, un mec passe-partout à la petite vie réglée, totalement dénuée de fantaisie, qui s'occupe de retrouver les proches de personnes décédées. La mise en scène est sobre et ordonnée, les couleurs ternes de la pellicule rendent très bien la répétitivité de l'existence de cet homme très seul qui ne vit que pour son travail, allant même jusqu'à rédiger lui-même les discours de funérailles puis à assister, seul, aux cérémonies. Il conserve également les photos de toutes ces personnes oubliées dans un grand album soigneusement organisé, qui n'a pas été sans me rappeler le touchant Nino Quincampoix du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
Sa vie minuscule s'écoule sans bruit, avec une régularité de métronome - jusqu'au jour où on lui annonce son licenciement. Pourtant, le scénario ne s'attarde pas en misérabilisme : au contraire, c'est à partir de cet élément perturbateur que l'histoire va gagner en chaleur, en lumière, en optimisme - John May s'autorisant soudain le frisson de sentiments naissants (auprès de la jolie Joanne Froggatt que les amateurs de Downton Abbey reconnaîtront), parfaitement rendus par le grain pastel très lumineux de l'image.
J'ai trouvé très juste le jeu des acteurs - Eddie Marsan en tête, qui s'impose définitivement comme un boy next door pudique, intense et profond, livrant un jeu tout en sobriété et retenue - à l'image du film. La scène de fin m'a tiré des larmes, j'ai trouvé cet hommage émouvant, beau, décalé - vraiment très réussi.
Still Life nous réserve de beaux moments de poésie bucolique, une réflexion intéressante sur l'empathie, le désintéressement, la loyauté, les routes toutes tracées qui ne le sont jamais, et sur l'amour qui surgit toujours là où on ne l'attendait pas.
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le 3 avr. 2016
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