Le problème quand un film raconte la vie d'un personnage solitaire, c'est que bien souvent, on s'ennuie. Certains pourtant arrivent, à force de mise en scène ou de personnages secondaires, à donner de l’épaisseur à un scénario et à éviter les écueils de l’inertie.

Si l'histoire de ce cher John May est touchante, bien ficelée et portant un regard bienveillant sur une profession méconnue, c'est le ton pictural qui m'a gêné. Uberto Pasolini le dit lui-même, ce film est une oeuvre naturaliste et, comble du hasard, Still Life désigne en anglais une nature morte. La mise en scène est rare et le jeu d'acteur assez triste : en dépit d’une très bonne prestation d’Eddie Marsan, les personnages qui gravitent autour du protagoniste sont malheureusement vides, trop vides.

Malgré tout, le film se bonifie avec le temps et retrouve finalement quelques couleurs. Alors que le personnage principal se débarrasse petit à petit de sa torpeur dogmatique, un changement s'amorce derrière la caméra. Le cadre est moins strict, la musique plus présente et le ton plus humain. Il ne s'agit plus de savoir comment le triste May écoule ses journées mais bien de comprendre comment il va gérer les perturbations qui agitent enfin son existence – une disposition qui arrive cependant un peu tard, après une bonne heure durant laquelle j'ai dû m'accrocher à mon fauteuil pour ne pas céder aux bras de Morphée.

Je remercie l'équipe de SensCritique pour nous avoir donné l’opportunité de visionner et de débattre du film avec son réalisateur, mais je ne figure malheureusement pas parmi les convaincus. Uberto Pasolini, très intéressant au demeurant, a déclaré vouloir faire un film sur la vie, je n'y ai vu qu'une vanité.
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le 18 janv. 2015

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