Si Kirio Urayama est aussi peu connu parmi les cinéastes japonais de sa génération, c'est avant tout pour le caractère peu prolifique de son œuvre, 9 longs métrages seulement, et sa-disparition prématurée, à moins de 55 ans. Qui plus est, le réalisateur est assez à part dans l'univers de la Nouvelle vague japonaise. Comme dans son précédent et premier film, La ville des coupoles, Une jeune fille à la dérive possède un fort arrière-plan social, mais ne néglige pas non plus la veine romanesque, voire mélodramatique, à l'instar des grands films nippons des décennies précédentes. Ce conte cruel de la jeunesse a comme fil rouge une histoire d'amour sinueuse que l'environnement des deux tourtereaux, de même que leur tempérament révolté, rendent compliqué. Plus fluide que son premier film, Une jeune fille à la dérive, bénéficie d'une mise en scène particulièrement brillante dans les instants intimistes et presque embarrassants, comme celui du café de la gare, au milieu de voyageurs qui n'en peuvent mais.