Fille du Président du Conseil, Brigitte poursuit de ses assiduités le volage chef de cabinet de son père. Quelques péripéties vaudevillesques plus loin, les deux sont contraints au mariage.
Michel Boisrond réalise une comédie amoureuse ordinaire et enjouée dans laquelle Brigitte Bardot tentera d'éveiller la jalousie de son époux en séduisant un monarque étranger en visite officielle.
Hors le milieu où il s'exerce -le sommet de l'Etat- le sujet de Boisrond ne renouvelle pas la comédie conjugale, celle des époux qui s'aiment et se chamaillent; cela dit, le réalisateur orchestre habilement les conventions du genre et s'appuie sur des dialogues et des personnages plus spirituels que le marivaudage commun.
Et puis, cette comédie légère, sinon licencieuse, bénéficie d'une interprétation d'ensemble fort sympathique. Brigitte Bardot, pas toujours bien servie à l'époque, est très à l'aise dans son rôle courant de jeune fille tour à tour ingénue et impertinente. Charles Boyer, dans le rôle du prince amusé et pas dupe de l'entreprise de séduction, joue de sa soixantaine élégante et de sa séduction. André Luguet, le père, et Henri Vidal, le mari goguenard ou exaspéré, accompagnent avec conviction le duo vedette.