Sur le mode de "Garde à vue", Guiseppe Tornatore enferme un flic et un type étrange et suspect de meurtre, qui se dit écrivain, dans un huis-clos épuisant. Mais à la différence du film de Claude Miller, réaliste et psychologique, Tornatore intègre dans la relation entre les deux hommes un rapport de force métaphysique où l'amnésie partielle du suspect entraine l'interrogatoire sur la pente vertigineuse, ou casse-gueule, de la psychanalyse.
L'idée que le policier est un admirateur du romancier est une idée intéressante qui introduit et entretient un rapport ambigu entre les deux. Tandis que le décor comme irréel du huis-clos, sous un terrible orage, donne une touche tout à fait singulière au récit.
Malheureusement, à trop entretenir le mystère à coup d'artifices, le réalisateur oublie de raconter une histoire sensée. A tel point que le dénouement laisse perplexe, qui ne relève pas précisément de l'énigme policière élucidée. Les dialogues ampoulés ne permettent pas d'éclairer le sujet ni d'interpréter l'attitude des personnages. C'est d'autant plus regrettable que la confrontation entre Gérard Depardieu et Roman Polanski était prometteuse.