Quel défi que celui de vouloir mettre en scène cette période trouble de l'immédiat après-guerre. Mes parents et encore moins mes grands-parents n'en parlait pas ou alors à mots discrets, de crainte peut-être d'être entendus, où bien par humilité, même de nombreuses années après.
Comment dresser un tableau réaliste et un tant soit peu fidèle de ce que fut cette époque. Tout ce que l'être humain peut représenter de bon ou de mauvais y est rassemblé, car rien n'est tout blanc ou noir et c'est ce qui rend les choses parfois si difficiles à appréhender. Je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement avec la période actuelle (2026), ou la société n'a jamais été aussi fracturée et intolérante, le populisme le plus abject aussi omniprésent.
Ce film, tout aussi imparfait qu'il soit probablement, a dans le fond le mérite de nous jeter à la gueule nos travers , nos turpitudes, notre hypocrisie, nos trahisons, mais aussi de révéler notre compassion, notre pitié et notre amour de l'autre. C'est bien là le vrai sujet du film.
Claude Berri nous livre un œuvre théâtrale et romantique à la fois, grâce à une distribution hors pair et un jeu d'acteurs remarquables.