Six ans après avoir filmé un hôpital psychiatrique situé sur une île au large de Venise (San Clemente - 1982), Raymond Depardon réitère l’exercice en allant filmer l’intérieur des urgences psychiatriques de l’hôpital Hôtel-Dieu à Paris.
Le changement de décor saute aux yeux (en comparaison avec son précédent film), au coeur des urgences, à toute heure du jour et de la nuit, les médecins et autres psychiatres accueillent des personnes en grande souffrance. Le film explore toutes les facettes de la folie, on y croise des schizophrènes, des alcooliques, des paranoïaques, des suicidaires, des dépressifs, des mythomanes ou tout simplement des personnes épuisées par la vie qu’ils mènent. L’Hôtel-Dieu devient alors un refuge où se confier, où les patients peuvent espérer se faire comprendre, y trouver une oreille attentive, tandis que d’autres y sont accompagnés par la police en vue d’un séjour en psychiatrie.
Des cris, des pleurs, des insultes, des confessions, des difficultés de compréhension, de se livrer à un inconnu, les patients ne sont pas toujours tendre envers ceux qui sont là pour les aider, mais ne les jugeons pas, tout comme Raymond Depardon, qui s'abstient de porter tout jugement ou tout commentaire. Urgences (1988) est un documentaire criant de vérité, tristement réaliste et qui ne laisse pas indifférent.
(critique rédigée en 2010, actualisée en 2024)
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