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le 6 avr. 2017
SuivreGuérilla maorie
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"Nouvelle-Zélande, 1870. Un guerrier maori découvre que l’armée pour laquelle il combattait vient de raser son village et de massacrer les siens. Il jure de rendre coup pour coup : c’est utu, la loi de réciprocité, ici muée en pure vengeance. Le postulat pourrait suffire à un survival féroce, mais Murphy en fait autre chose, une fresque tournée à hauteur de bush, dans la boue et la fumée, où chaque village incendié ressemble moins à un décor qu’à une plaie ouverte. La grande idée du film est de refuser tout point d’arrêt à la violence. Te Wheke se venge, le colon Williamson se venge à son tour et sombre dans une folie d’artificier vengeur, l’officier maori Wiremu regarde tout cela s’effondrer sans jamais réussir à s’en extraire lui-même. Ce n’est pas un film de bourreaux et de victimes, mais plutôt un film où la lucidité ne protège de rien, où même celui qui prononce la phrase la plus juste du récit continue malgré tout à porter les armes."
"Ce qui surprend davantage, c’est l’humour noir qui traverse cette histoire de sang. La critique du New Yorker, Pauline Kael, avait raison de noter que Murphy filmait avec un sourire aux lèvres. Le fusil à quatre canons bricolé par Williamson a quelque chose du gadget de cartoonesque greffé sur un carnage bien réel, et le film bascule sans prévenir du macabre au grotesque. Un pari risqué, et agréablement surprenant, qui déroute autant qu’il désamorce le pathos facile du grand film historique. En trouvant de temps en temps le bon équilibre, notamment grâce à l’immortel Bruno Lawrence, on en dresse le portrait de la folie, qui fuse plus vite que les balles perdues dans cette guerre."
"Reste que cette ambition a un revers. La narration s’emballe parfois dans ses scènes d’action, en s’autorisant le grand écart entre farce et tragédie qui ne convainc pas toujours, y compris en Nouvelle-Zélande où l’accueil critique local fut plus frileux qu’à l’étranger. On a aussi reproché au film ses libertés avec l’Histoire, comme la guerre de Te Kooti qui devient un matériau recomposé plutôt qu’une reconstitution fidèle et, plus récemment, de présenter la bascule de son héros vers la violence comme une pulsion presque instinctive plutôt que politique. Un revers qu’on peut aussi lire comme un parti pris assumé : filmer les guerres coloniales néo-zélandaises avec la grammaire flamboyante du western spaghetti, quitte à sacrifier un peu de rigueur documentaire à la puissance du mythe."
"Bancal par endroits, bouleversant par d’autres, Utu n’est jamais tout à fait le grand film qu’il aurait pu être, et c’est peut-être ce qui le rend inoubliable. Une blessure de cinéma qui, refuse obstinément de se refermer."
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Créée
le 7 oct. 2026
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