Bien qu'ayant grandis avec elle et avoir découvert le cinéma grâce à ses bandes magnétiques, je n'ai jamais pu blairer la VHS, constamment frustré que j'étais devant la piètre qualité du support. Autant dire que j'ai allumé quelques cierges et sacrifié une paire de jumelles à l'arrivée du bluray, média enfin digne de ce nom et apte à rendre enfin justice à la beauté du septième art.
Anthologie rendant hommage aux sautes d'images et aux pixels dégueulasses, "V/H/S" est à l'image du support, c'est à dire crade et extrêmement laid, pratiquement illisible tout au long de ces quelques récits shootés à la manière du found footage. A partir d'un fil narratif purement accessoire et d'une laideur à gerber, les histoires d'épouvante se succèdent une à une, dont on ne retiendra que peu de choses au final.
Si la grande majorité des segments se contentent d'agiter la caméra dans tous les sens en montrant du gore et des nichons (grosse déception en ce qui concerne le court de Ti West, road-movie extrêmement chiant et vide), trois sketchs m'ont cependant légèrement sorti de ma torpeur générale. Le premier, mettant en scène un trio de fêtards aux prises avec une étrange jeune femme, joue efficacement avec la vue subjective et distille une certaine tension, quand les deux derniers utilisent le genre du found footage avec intelligence, notamment la ghost story se déroulant à travers une discussion sur Skype.
Comme toute anthologie qui se respecte, "V/H/S" est donc inégale et souffre surtout de sa nature même de found footage, condamnée à n'offrir que des images tout simplement affreuses et des récits limités.