Dès les premières minutes, une fissure gigantesque apparaît sur le mur de la maison. Elle s’est créée au fil des années, et sera le fil conducteur du film. Elle est la métaphore des traumatismes transgénérationnels qui traversent cette famille : discrets, silencieux, mais capables de fendre des vies entières.
Il y a d’abord la grand-mère, rongée par un traumatisme dont elle n’a jamais guéri, enfermée dans une douleur qui l’a menée au suicide. Puis Nora, sa petite-fille, fragile, dépressive, qui finira par répéter ce geste. La souffrance ne lui appartient pas totalement : elle grignote, s’hérite.
Et il y a Ana. Celle qui observe, qui relie, et qui comprend. Elle fait le pont entre les 3 générations: elle ose affronter son père, grâce à elle Nora se sent enfin reconnue “tu as été là pour moi” et elle comprend l’importance du script qui raconte leur histoire.
En permettant à chacun de regarder la fissure en face, elle devient la clé : la malédiction s’arrête avec elle.