Film attachant; on s'attache à ces personnages, le trio père filles, on s'attarde sur eux, le réalisateur Joachim Trier, est aussi l'auteur du petit bijou romantique qu'est "Julie en 12 chapitres", et ça se voit ici, ça s'entend dans "Valeur sentimentale" à cette manière tendre et éclairée dont il parle des femmes, elle est reconnaissable entre mille.

Joachim Trier sait s'attarder sur les visages, nous les montrer dans leur moindre traits, leur beauté toute humaine, leurs creux, leurs rides, chez le père, leurs peaux lisses, leurs lignes douces, apaisantes, chez les deux sœurs qui se ressemblent vraiment, à l'écran, avec leurs longs cheveux et leurs visages de jeunes et belles madones. La séquence où se mélangent les trois figures, un tourbillon entre ombres et lumière, est parfaitement réussie et pourrait presque résumer le film à elle seule.

Nora, la plus âgée des deux sœurs, est en pleine crise existentielle minée par le doute, comme lors de la scène d'intro, proche de sa sœur cadette, même si elles ont pris un chemin différent, Agnes a préféré une vie de famille stable à la carrière d'actrice de théâtre de Nora, plus mouvementée.

Nora a des relations difficiles avec Gustav, leur père, réalisateur de cinéma reconnu. Leur relation est complexe et tendue.

Pour ce qui pourrait être son dernier film, le père lui propose de jouer le rôle d'une femme, personnage hybride que l'on comprend être entre la mère de Gustav, résistante, déportée qui, plus tard, se suicidera par pendaison, et des morceaux de la vie de Nora et de sa relation avec lui. Le film serait tourné dans la maison familiale qui est, elle aussi, une actrice à part entière, racines de la famille. Veut-il se faire pardonner son absence auprès de ses deux filles où seul le guide son intérêt personnel ? Nora refuse le rôle.

Le titre reflète bien le film, bourré de sentiments, d'émotions vives, avec parfois un peu trop de pleurs., seul reproche que je puisse faire à ce film. Les dialogues sont excellents et avec le jeu pratiquement parfait des acteurs il nous entraine sur les chemins souvent explorés mais jamais entièrement découverts de la relation parents/enfants, et plus précisément de l'âme humaine et de la profondeur de notre conscience affective dans ce qu'elle a de plus intime.

Daziel
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2025

Créée

le 31 août 2025

Critique lue 17 fois

Valeur sentimentale

Valeur sentimentale

8

Sergent_Pepper

le 20 août 2025

Suivre

The house that lack built

À la manière des romanciers, Joachim Trier soigne ses prologues : celui de Valeur Sentimentale fait de la maison familiale un personnage à part entière, évoquée, dans une rédaction d’enfance comme...

Valeur sentimentale

Valeur sentimentale

5

mymp

le 24 août 2025

Suivre

Scènes de l'ennui familial

Décidément, quand Joachim Trier entreprend de s’intéresser, avec l’aide de son fidèle coscénariste Eskil Vogt, aux affres et autres bisbilles familiales, ça ne lui réussit pas. Pas du tout. Il avait...

Valeur sentimentale

Valeur sentimentale

6

Eme_099

le 27 juin 2025

Suivre

Pâle objet bergmanien

Ce Valeur sentimentale, qu'on m'a vendu comme un rejeton bergmanien, porte bien son nom… en surface. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Joachim Trier confie le rôle du père à Stellan Skarsgård,...

Désigné coupable

Désigné coupable

10

Daziel

le 14 juil. 2021

Suivre

Guantanamo, île de la torture, une sale histoire sans fin.

Adaptation du livre "Journal de Guantanamo" de Mohamedou Ould Slahi. Film très fort, très dur qui raconte l'Histoire vraie de Ould Slahi enlevé lors d'une fête de famille sur le sol mauritanien par...

Un divan à Tunis

Un divan à Tunis

8

Daziel

le 15 févr. 2020

Suivre

Freud, ce religieux

Bien qu'imparfait ce premier film de Manele Labidi est néanmoins réussi. L'humour qui s'en dégage n'a pas déclenché chez moi d'irrésistibles fous rires hormis cette scène où l'un des personnages se...

Bad Lieutenant

Bad Lieutenant

9

Daziel

le 13 janv. 2020

Suivre

Rédemption, au delà des enfers

Bad Lieutenant avec Harvey Keitel, Zoë Lund réalisé par Abel Ferrara tous les trois junkies à l'époque où fut tourné le film (en 18 jours, décor naturel dans les rues de New-York) Les scènes de prise...