Les cinq derniers films de John Carpenter oscillent entre le raté et le très mauvais. Perdu au beau milieu de cette période, Vampires ne vaut pas tripette. Outre que le film est aussi effrayant qu'une gousse d'ail, son côté redneck assumé et son mauvais goût tonitruant le situent au niveau de n'importe quelle production horrifique bas de gamme.
On reconnait quelques plans, quelques idées, ici ou là, qui rappellent que Carpenter, ce n'est quand même pas n'importe qui. Et on se dit que s'il avait réalisé son film du temps de sa splendeur, ça aurait certainement eu une autre allure. Mais voilà, c'est tourné vers la fin 90, une époque où Carpenter n'avait déjà plus trop la pêche ; James Woods, visiblement du mal à trouver des premiers rôles dans des films importants ; ou Sheryl Lee, toutes les peines du monde à rebondir après Twin Peaks. Donc en clair, le film fait un peu fin de carrière pour un peu tout le monde, et à l'arrivée, ça se sent terriblement.
Les couleurs ont beau être saturées au-delà du possible, le cinémascope a beau avoir de l'allure, la musique a beau être identifiable à vitesse supersonique, les vampires à la sauce Carpenter, relecture cheap et vulgos, font pâle figure en comparaison de tout ce que le cinéma a apporté au mythe, avant comme après.