Vampires:
Ressortie en 4K du film de Carpenter : malgré un prix exagéré, je me suis laissé séduire par le coffret ESC. Vampires, dans mes souvenirs, est un film qui, passé sa première partie, s’enlise dans quelque chose de pas très intéressant jusqu’à un climax décevant. Même s’il y a un peu de ça, on est loin de la déconvenue attendue. Déjà, la photo de Gary Kibbe est superbe, sublimée par un master 4K de toute beauté. Les décors du Nouveau-Mexique et la production design apportent beaucoup au film en l’ancrant dans une ambiance western qui sied magnifiquement à Carpenter.
Alors oui, après l’intro avec la présentation du taudis mexicain comme un personnage à part entière, et évidemment l’assaut qui envoie du bois (j’adore la façon dont il iconise sa horde sauvage), ainsi que l’attaque du motel, ça ralentit sévère, surtout la partie avec Jack et une phase explicative assez reloue.
Par contre, j’aime vraiment tout ce qui concerne Sheryl Lee : sa transformation, ses pulsions suicidaires et le fait que Carpenter embrasse totalement son passage du côté vampire. C’est clairement le personnage le plus positif, et elle n’est pas sauvée. Sa relation avec le pataud des frères Baldwin donne un peu d’aplomb au film et dynamise la relation Crow/Montoya.
Autant je n’aime pas du tout la vulgarité exagérée du personnage de Jack Crow, autant son amitié virile avec son acolyte fonctionne sur moi, j'aime la conclusion qui apporte un peu d'émotion à l'ensemble. Évidemment, Carpenter en profite pour égratigner les cathos, à l’initiative et à la conclusion du problème « vampire ». Les héros sont toujours dans la veine de sa filmo : des marginaux en dehors du système, avec leur propre code moral dans un combat perdu d'avance.
Je suis aussi surpris par la qualité des scènes d’action et des SFX : ça ne vieillit pas. Il n’y a rien qui tache, les effets plateau de KNB sont hallucinants, surtout quand on les compare aux CGI de Blade, qui ont pris un méchant coup dans la gueule. C’est pareil pour les scènes de bagarre : ça tape vraiment, on est loin du côté trampoline « pouet pouet » de Ghosts of Mars.
L’OST est tout aussi culte, avec des thèmes iconiques qu’on connaît par cœur. Vampires s’avère donc un western horrifique très cool, si on accepte la lourdeur et la vulgarité de James Woods.
Pour l’anecdote, Carpenter s’est encore fait niquer sur la prod : son budget a été raboté de plus d’un tiers à la dernière minute. On aurait aussi pu avoir Kurt Russell dans le rôle de Crow (et ça aurait eu de la gueule).
D’un point de vue bonus : le commentaire audio est l’un des moins passionnants de sa filmographie. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est tout seul ou mal luné, mais le film n’a pas l’air de le passionner.
Un module par JB Thoret : si vous avez déjà vu ses vidéos sur Carpenter, il ressasse la même chose.
Une analyse de trois séquences du film : c’était plutôt cool, mais connaissant Big John, c’est beaucoup trop intellectualisé. Carpenter est quelqu’un de sensible et d’instinctif, mais ça reste un point de vue intéressant.
Il y a un making-of d’époque (loin d’être aussi bien que celui de Ghosts of Mars) et un portrait.