Venus
5.7
Venus

Film de Jaume Balagueró (2022)

Le catalan Jaume Balagueró avait tapé fort dans les années 2000 avec quelques thrillers horrifiques efficaces dont le fameux [REC] qui m’avait à moitié traumatisé à l’époque. Depuis, il n’a visiblement pas changé de cheval de bataille et cette petite bisserie produite par de la Iglesia en est la preuve.


Lucia est danseuse dans une boite tenue par la mafia madrilène. Un soir, lui prend l’idée à la con de chourer tout le stock d’ecsta. Ça se passe mal, elle est blessée et va se réfugier chez sa sœur qui habite un immeuble à moitié désert du fait qu’il y aurait une sorcière dans un des apparts.


C’est plutôt surprenant. Le film oscille entre le thriller policier et le thriller fantastique. Il est l’un puis l’autre puis l’un à nouveau. Ça ressemble à l’accouplement illégal entre un canard et un iguane. Mais le fait est que ces deux entités ne sont pas mauvaises indépendamment. Juste moyennes. On adhère plutôt bien au tout début du film, sur la partie policière. De son côté, l’histoire d’immeuble hanté fonctionne moins et paraît réchauffé. Les personnages sont un peu caricaturaux et on peine à les trouver crédibles. De même, les dialogues sont tout à fait convenus. Mais à un moment donné, ça se réveille. Ou alors les types se sont dits « ho et puis mierda, viens on fait n’importe quoi ». Ça bascule dans le fantastique WTF pur et l’héroïne devient plus forte que Schwarzy alors qu’elle s’agrafe elle-même le bide pour éviter d’avoir à faire des nœuds avec son intestin grêle qui tente de se faire la malle. Tout en prenant bien soin de son décolleté, élément (très) visiblement essentiel du film. Puis il se passe à peu près n’importe quoi. Mais moi, ça m’a fait marrer et en fait, c’est cette partie que je trouve la plus réussie. Du côté de l’interprétation, chez les hommes, c’est le néant de l’expression. Chez les femmes en revanche, c’est plutôt pas mal, en particulier Ester Expósito qui en jette quand elle est en mode vénère. C’est too much donc c’est raccord.


En bref, pas de quoi casser trois baleines à un soutif mais si on est de bonne humeur, ça occupe une soirée. Donc non, ce n’est pas réussi et c’est même plutôt raté mais on ne s’ennuie pas. Et débrouillez-vous avec ça.


>>> La scène qu’on retiendra ? Quand, baignant dans son propre sang, Lucía prend son air de « faut pas me faire chier » et se révèle à elle-même et aux cinglées du 5ème étage.

Konika0
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le 29 août 2023

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