Verdict
6.1
Verdict

Film de André Cayatte (1974)

André Cayatte explore une nouvelle thématique du monde judiciaire qu'il aime tant détester en ancien avocat qu'il est : l'intime conviction.


Le film n'a pas autant su séduire que certains des précédents et plus célèbres longs métrages du réalisateur, à tort. Certes, ce dernier ne fait pas réfléchir son spectateur ou sa spectatrice à l'intrigue puisqu'elle est cousue de fil blanc mais c'est justement tout l'intérêt du film : il faut observer la galerie de personnages dont André Cayatte se sert, comme toujours, pour rappeler que les passions sont plus fortes que la vérité accablante et ridiculisent a fortiori certains textes de loi centenaires.
L'honneur est aussi abordé mais avec moins de brio car représentée de façon trop manichéenne, selon moi.


Sa sobre mais correcte mise en scène sert, à mon sens, parfaitement l'histoire. Un policier ou thriller ne se doit pas d'user de mille artifices pour tenir en haleine puisque c'est l'intrigue et/ou la profondeur des thématiques qui doivent maintenir l'attention. Par ailleurs, le film se déroule (et a effectivement été tourné) à Lyon ; c'est agréable de voir une autre grande ville que la capitale comme décor urbain pour rappeler qu'il n'y a pas qu'à Paris que la vie ordinaire ou extraordinaire se déroule.


Concernant la direction d'acteurs, elle n'est pas incroyable pour justement s'accorder avec la simple mise en scène. Toutefois, Sophia Loren et Jean Gabin n'ont certainement pas besoin de celle-ci pour imposer leur personnage respectif. Par conséquent, les voir se donner la réplique est particulièrement savoureux notamment grâce aux dialogues ciselés et à leur improbable réunion, l'actrice italienne ayant peu tourné dans l'Hexagone.


Enfin, la musique faussement enjouée et donnant un ton sarcastique aux scènes qu'elle accompagne si caractéristique des films policiers français m'a toujours déplu et ce long métrage n'y coupe pas : je trouve qu'elle casse la sombre atmosphère que la luminosité et le jeu des acteurs installent.


Pour résumer, si vous aimez réfléchir sur la justice et que les acteurs principaux vous plaisent, foncez.

Créée

le 4 juin 2021

Critique lue 398 fois

Déborah Kbw

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