Voilà un divertissement parfaitement oubliable réalisé par Martin Campbell en 2000. On lui doit deux très bons épisodes de James Bond, « GoldenEye » et « Casino Royale » qui ont relancé la série d’abord avec Pierce Brosnan et l’autre avec Daniel Craig. Mais il est aussi le réalisateur du calamiteux « Green Lantern » ; sa filmographie est donc pour le moins inégale. Ici, on est dans un entre-deux comme pouvait l’être son « Masque de Zorro » avec Antonio Banderas, délassant à défaut d’être renversant. C’est un film de survie-film catastrophe pas désagréable mais pas du tout impérissable. Un frère va secourir sa sœur guide d’une expédition sur le K2 organisée par un milliardaire qui tourne au désastre. Le frère et la sœur ont perdu leur père dans des conditions terribles au début du film et le traumatisme est profond (on connaît la chanson…). C’est pourtant cette scène d’ouverture, brutale et efficace, qui est sans doute la meilleure du film, ce qui est toujours gênant. Cet ultra-riche va se révéler une véritable ordure. Ces personnages sont tous réduits à des stéréotypes. À partir de là, l’outrance est de mise : il faut rajouter problème sur problème ; quand on échappe à un danger, un autre vous tombe immédiatement sur le paletot !!! Quant à la nitroglycérine dans les sacs à dos pour libérer les alpinistes coincés dans la glace, là, les mots me manquent car je ne l’avais pas vue venir…
On croirait presque à certains moments « Le salaire de la peur » sur le sommet du monde ! Le film finit souvent par être épuisant à force de rebondissements capillotractés. On comprend pourquoi sur la quinzaine d’alpinistes, trois seulement vont survivre. En dehors d’un scénario assez mince (le frère va-t-il sauver la sœur ??? J’vous l’donne en mille…), le casting est inégal, avec un Chris O’Donnell belle gueule mais fade et une Robin Tunney (connue pour ses rôles dans « Prison Break », « The Mentalist »…) pas mal dans les rôles principaux. Bill Paxton en Elliot Vaughn, le milliardaire sympa en apparence mais en réalité pourri jusqu’à la moëlle, se révèle bien plus méchant que la montagne elle-même. Eh oui, les sommets enneigés (filmés essentiellement en Nouvelle Zélande, sur le Mont Cook, le plus haut sommet du pays) sont loin d’être le seul danger de l’expédition ! Les rôles secondaires sont donc plus intéressants avec un Scott Glenn en vieux sage de la montagne bien décidé à retrouver le corps de sa femme disparue et à la venger (la sagesse a ses limites, mince !!!). Même si Campbell sait offrir des scènes très efficaces, la toute première en particulier, le dernier problème est constitué par les effets spéciaux numériques qui en 2000 en étaient encore à leurs débuts. Et si certaines cascades sont réussies, les effets numériques, pas si nombreux que ça c’est vrai, sont quand même très nettement visibles et font faux (l’avalanche…). Ce qui ne rend pas l’intrigue palpitante…Au final, c’est une série B qui peut faire passer un moment mais dont les défauts 25 ans après sa sortie sont tout de même assez évidents avec, n'oublions pas, des marques en TRÈS GROSSES LETTRES si par hasard, on les loupait! On est donc très loin du film incontournable.