Vice Versa : Des émotions plein la tête

Pixar revient en force ! Avec Vice Versa, le studio à la lampe de bureau prouve qu’il est encore le roi de l’animation. Drôle, touchant et original, ce 15e long métrage propose un tour de montagne russe émotionnelle, pour le plus grand plaisir du spectateur.


Des choses se passent dans la tête de la petite Riley, 11 ans. Alors qu’elle emménage avec sa famille pour San Francisco, ses émotions tentent tant bien que mal de l’accompagner dans cette difficile transition…


Une naissance et à l’intérieur… du vide. Tout est encore à construire dans le cerveau de Riley. Débordante d’optimisme et de bonne humeur, Joie fait son apparition, puis c’est autour de Tristesse, bleu comme le blues. Peur, Colère et Dégoût arriveront un peu plus tard. Plus la petite fille grandit, plus les souvenirs s’emplissent, développant les aspects principaux de sa personnalité. Montrer le mécanisme de notre esprit et représenter les émotions par des petits personnages de chair et de sang, l’idée avait déjà de quoi séduire, Pete Docter la magnifie. Le réalisateur de Vice Versa créé un véritable monde intérieur, fait de multiples endroits : la Mémoire à long terme et ses étagères, contenant les boules de souvenirs, qui s’étendent à l’infini, le Pays de l’Imagination, dans lequel l’on rencontre le petit ami parfait de Riley ou encore une ville conçue entièrement de nuages, la Pensée Abstraite qui dématérialise les formes, ou encore la Production des Rêves, véritable studio hollywoodien, où la star… c’est la licorne.


Qui dit film Pixar dit visuel époustouflant, et Vice Versa ne déroge pas à la règle. Mais plus que la forme, c’est le fond qui fait du dernier né du studio, un pur chef d’œuvre. En entrant dans la tête d’une pré-ado, le film s’intéresse au changement, à la perte de l’enfance. A l’instar de Là-Haut, du même Pete Docter, il est question de deuil. L’exemple le plus flagrant est le personnage de Bing Bong, ami imaginaire de l’héroïne. Oublié, il ère dans un coin du cerveau, attendant impatiemment que Riley le rappelle pour entreprendre leur voyage dans l’espace. Il lui faudra vivre quelques péripéties pour comprendre que sa meilleure amie tend vers l’âge adulte. Ce changement se vérifie également avec la console de contrôles utilisée par les cinq émotions. Rudimentaire au début, elle devient plus complexe à mesure de l’évolution de la jeune fille.


Sous le verni de l’humour, Vice Versa instille une couche de mélancolie, embuant, parfois les yeux du spectateur. Car, à chaque joyeux souvenir essentiel se cache, souvent, au début, une pointe de chagrin. Plus qu’un simple dessin animé, Vice Versa est à la hauteur de grands films en prise de vue réelles. Poétique, singulier et souvent hilarant, Pete Docter réussi, six ans après Là-Haut, à faire travailler notre joie et notre tristesse. Un exploit qui méritait bien un tonnerre d’applaudissement au Festival de Cannes.

claudie_faucand
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le 23 mai 2015

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