Grâce à la filmothèque de Barcelone, qui l'a restauré en 2012, Vida a sombras, l'unique long métrage de Lorenç Llobet Gràcia a pu renaître, dans la version voulue par le réalisateur, avant les coupes exigées par la censure franquiste. L'histoire est inspirée de la propre existence du cinéaste, fou de cinéma depuis son enfance et précurseur, d'une certaine façon, du cinéma d'auteur. Le film consacre une grande place à la guerre civile, sans prendre parti, et penchant même du côté de la gauche, ce qui lui a valu d'être tronqué et pratiquement pas distribué dans les salles espagnoles, avant d'être exhumé bien des années plus tard. Dégoûté, Llobet Gràcia, a définitivement abandonné le cinéma au début des années 50. Vidas en sombras, dans lequel plusieurs extraits de films des frères Lumière, de Chaplin et d'Hitchcock sont montrés, est désormais un grand classique du cinéma espagnol et le mérite amplement.