Dans Vierges, elles sont trois à justifier ce titre : une fillette, une adolescente et ... une sirène, puisqu'en hébreu le terme signifie littéralement "vierge de la mer". Pour faire le tour des personnages centraux du premier film de Keren Ben Rafael, il faut y ajouter la figure de la mère interprétée par une grande comédienne, Evgenia Dodina. Vierges raconte un été d'ennui dans une station balnéaire du nord d'Israël délaissée par les touristes. La prétendue apparition d'une sirène et l'agitation médiatique qui s'ensuit mettront un peu d'animation dans le morne quotidien des protagonistes. Un film que l'on qualifiera de féminin, si tant est que cela signifie quelque chose, avec récit initiatique plutôt balisé, révolte de la jeunesse et désillusions de l'âge mur. Le ton est à l'ironie et à l'humour caustique pendant une grande partie du film avec un voile de surnaturel. Rien d'extraordinaire mais c'est plutôt plaisant avant une dernière demi-heure plus laborieuse et un dénouement décevant. Entre gracilité et futilité, on peut y trouver son compte dans le confort d'une salle climatisée alors que dehors sévit la canicule.