Très romanesque, lyrique. Mise en scène très élégante, clairs-obscures superbes. Le récit ne se risque pas à une approche psychologique de l'Histoire en passant par le biais de l'intimité, afin d' expliquer la survenue du fascisme. Il s'agit surtout du sacrifice d'une femme follement éprise qui manifestera symboliquement son opposition au régime par l'amour, en s'accrochant à une image idéalisée de l'amour. Approximativement comme Björk dans "Dancer in the dark", face à monde ayant perdu son âme, Ida Dalser hisse haut les valeurs du coeur. Dans un élan moins métaphysique sûrement, cette dernière tente peut-être en figure christique de sauver l'humanité (ne dit-elle lors d'un interrogatoire au sujet du contrat de mariage dont dépend sa libération et ses droits civiques, qu'elle se sent "mise à l'épreuve" - sous entendu dans sa foi - comme face au diable !) ? Magnifique idée en tout cas d'avoir soustrait la présence fictive du mari Mussolini par la figure dématérialisée du personnage véritable, par l'entremise d' images documentaires.