Viola
-
Viola

Film de Matías Piñeiro (2012)

Viola, quand Shakespeare murmure à l’oreille du quotidien

Avec Viola (2012), Matías Piñeiro signe un film bref mais dense, qui mêle avec une grâce rare théâtre élisabéthain et réalités contemporaines. Adaptant librement La Nuit des rois de Shakespeare, le cinéaste argentin tisse un récit délicat où la frontière entre jeu et vie s’estompe doucement, portée par des dialogues ciselés et une mise en scène d’une fluidité remarquable.


Ici, pas de drame tonitruant ni de grandes envolées : Piñeiro filme les sentiments dans ce qu’ils ont de plus flottant, de plus fragile. La caméra glisse, les plans s’étirent, les personnages résonnent comme des variations autour de l’amour et du désir. Viola, discrète livreuse de DVD, devient l’axe silencieux autour duquel s’articulent ces jeux de rôles sentimentaux.


À la fois intellectuel et sensoriel, le film séduit par sa capacité à rendre la parole vivante, à faire dialoguer Shakespeare avec la jeunesse argentine sans jamais trahir ni l’un ni l’autre. Une œuvre exigeante, mais touchante dans sa simplicité feinte — et l’une des plus belles démonstrations que le théâtre peut encore parler au cinéma sans hausser le ton.


Note personnelle : 8,5/10

CriticMaster
9
Écrit par

Créée

le 30 avr. 2025

Critique lue 9 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 9 fois

Du même critique

The Pervert's Guide to Ideology

The Pervert's Guide to Ideology

8

CriticMaster

2300 critiques

Voir ce qu’on croit : un vertige philosophique captivant

Aujourd’hui, je vous parle de The Pervert’s Guide to Ideology, un documentaire réalisé par Sophie Fiennes en 2013, avec le philosophe Slavoj Žižek. J’ai mis 8/10 à ce film, parce qu’il m’a...

le 30 avr. 2025

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

2300 critiques

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

le 30 avr. 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025