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le 6 janv. 2015
Suivre"Thank you old man"
Un plan vers la fin du film pourrait suggérer que cette envahissante famille décomposée et recomposée autour de la table d'un professeur vieillissant et solitaire n'a peut-être jamais existé. La...
"Portrait de groupe d'une famille en intérieur" : la suggestion ironique du titre original, référence à un style de peinture classique (les "tableaux de conversation" britanniques du XVIIIe) rend davantage justice à cet ultime chef-d'oeuvre - à mon avis - du grand Visconti, l'un des derniers rôles majeurs de Lancaster également (avec "1900" de Bertolucci à la même époque), ici en professeur américain amateur d'art, reclus à Rome dans une résidence aisée, dont l'existence se trouve soudain chamboulée lorsqu'il accepte de louer l'appartement du dessus à une aristocrate dissolue (Silvana Mangano), accompagnée de son jeune amant violent au passé de gigolo (Helmut Berger, parfait) mais aussi de sa fille et du fiancé de cette dernière, un groupe dysfonctionnel de gens cyniques et vulgaires qui va d'abord le rebuter puis piquer sa curiosité au point d'en faire pour lui une sorte de nouvelle famille recomposée, laquelle lui procurera momentanément une seconde jeunesse avant que la relation ne tourne au drame, sur fond de résurgence fasciste en Italie. Même malade et affaibli, le réalisateur du "Guépard" fait de ce huis clos aux décors contrastés et aux accents baroques (cf. ces vues de la terrasse et autres intérieurs presque irréels) un joyau clair-obscur sur le déclin de la civilisation, la déliquescence morale et physique et l'imaginaire/le souvenir comme refuges face à une réalité sociale inconfortable, évoquant parfois, en plus mélancolique, une espèce de chaînon manquant entre Minnelli et Buñuel.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Mes 600 films préférés : #603 - # 551 (#600favoritefilms), Les meilleurs films de 1974 et Les meilleurs films de Luchino Visconti
Créée
le 27 juil. 2026
Critique lue 6 fois
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le 6 janv. 2015
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