Andreas Schnaas fait des prouesses. Après deux Violent Shit taillés à la machette et un Zombie '90 rendant hommage au cinéma italien des années 70, voici qu'il récidive avec le troisième volet de Violent Shit (conçu comme une trilogie à la base), mélangeant les genres et faisant la nique à la continuité des deux précédents opus.
Du moins, en apparence. Karl Junior, "héros" de Violent Shit II, s'est réfugié sur une île pour former une "société parfaite", dont la coutume la plus flagrante est l'exécution des traîtres et des faux prophètes. Il est accompagné du docteur Senius (Matthias Kerl, notre docteur du buddy-movie Zombie '90), chargé de ressusciter les morts et de les transformer en machines de guerre. C'est cette brève explication qui justifie la réapparition de Karl Senior, qui doit en vouloir à Jésus de l'avoir fait enfanter à l'épilogue de Violent Shit.
L'histoire nous porte vers une bande de trois gars, probablement issus de la même famille (le plus vieux est l'oncle du plus jeune), partis naviguer vers des océans lointains (du moins, ce qui doit ressembler au lac avoisinant de la maison du réalisateur). Le scénario les amènera directement sur l'île occupée par la "Karl Konnection", où ils seront rapidement capturés puis chassés comme des animaux en guise de châtiment.
L'oncle et son neveu parviennent à rencontrer un autre fugitif, Léon, un maître des arts martiaux qui voulait venger la mort de sa femme, violée et torturée par Karl Junior.
Si le scénario tient évidemment sur un mouchoir de poche, les efforts ont été quadruplés pour les effets spéciaux, le maquillage ainsi que les costumes. Pour son quatrième film à ce stade, Andreas Schnaas perfectionne son amour pour le gore et procure des scènes de massacre mémorables, comme les chaînes à crocs arrachant la peau comme de la toile, quelles que soient les zones (ventre, visage, fesses). Le résultat est épatant : il suffit de voir les zombies qui respirent la putréfaction, comparé à Zombie '90, où le maquillage était très superficiel. Les efforts de Sven Petersen et d'Andrea Pollak, responsables des effets spéciaux, n'ont pas été démérité.
Outre le côté gore, on retrouve des scènes de combat d'anthologie qui feraient pâlir les chorégraphies de Mortal Kombat : Annihilation, car non seulement des zombies grouillent sur l'île, mais il existe également une faction de ninjas, parés à défoncer des abdomens et à effectuer des pirouettes plus réalistes que les films de Godfrey Ho du même genre.
Bien sûr, tout n'est pas "rouge" au pays de Karli. La technique de tournage laisse à désirer, à cause notamment de l'utilisation hasardeuse de la caméra Super 8, alors que les trois-quarts du film sont "shot on shitteo", comme les autres œuvres de Schnaas. Par conséquent, le problème du son persiste, et la majorité du long métrage est doublée en studio ; les bruitages sont toujours aussi répétitifs et la musique en MIDI tape rapidement sur le système nerveux.
Reste que Violent Shit III : Infantry of Doom, est l'un des meilleurs de Schnaas, avec une abondance de décapitations, de dépeçages, de défonçages de bide et autres techniques de massacre plus réalistes que les intestins en chewing-gum de Zombie '90. Si vous êtes choqué par ce film, n'oubliez pas que tout est résumé dans le titre. Vous êtes prévenus.