La propriété de Vire-Vent, dans un bourg provençal, est occupée par une famille excentrique, laquelle donne le ton d'une comédie méridionale qui sait se distinguer, par la singularité de ses personnages, des "pagnolades" de village. Sans pour autant être vraiment convaincante.
Il y a déjà le vieux père Donadieu, qui passe son temps à creuser son terrain pour y découvrir un hypothétique trésor ; la mère est folle ; et les auteurs expliquent avec une certaine audace que les filles ne sont pas farouches, des "Marie-couche-toi-là", si on comprend bien, sur lesquelles la morale de l'époque cinématographique jette toutefois un voile assez pudique. Il n'empêche que l'ainée Sophie Desmarest sait s'y prendre pour circonvenir le notaire Louis Seigner...
J'aurais voulu m'amuser de cette famille pittoresque, quasi libertaire, mais les portraits me semblent inaboutis, les caractères un peu forcés et les dialogues assez faibles. De telle façon que les personnages n'ont pas la cocasserie voulue. A l'image des trois commères rigolardes du village, qui ne sont pas drôles.
L'objet de la comédie se dessine tardivement, avec l'arrivée d'un bel inconnu dont les qualités d'ordre, d'intégrité, de travail, introduisent manifestement une dimension métaphorique et les intentions de la fable. Rien d'emballant et, pour ma part, si tant est que j'en ai saisi l'enseignement, la conclusion m'est apparue assez fade.