Basé sur une histoire vraie, Visaranai (L’interrogatoire) raconte la descente aux enfers d’un petit groupe de travailleurs tamouls au Telangana. Arrêtés arbitrairement et torturés sans relâche pour qu’ils avouent un crime qu’ils n’ont pas commis, ils vont passer quelques jours pas faciles dans les sous sol sordides du commissariat, avant que l’affaire ne tourne à l’imbroglio politique et que ces pauvres hères ne se retrouvent être les pions d’une sale affaire qui les dépasse complètement, ballotés par un destin cruel et qui débouchera sur une conclusion encore plus nihiliste.
Visaranai est le troisième film de Vetrimaaran, que j’ai découvert avec le terrible Asuran et, surtout, l’incroyable Viduthalai. Fidèle à tout un courant du cinéma tamoul attaché à la description des injustices sociales et d’une police catastrophique, Visaranai déroule son propos assez déprimant sans timidité, frontalement, et avec beaucoup d’assurance. C’est un thriller politique extrêmement bien foutu. La mise en scène, les dialogues, les cadres, la musique ou l’interprétation, tout est de très haute volée, ce qui n’est guère surprenant lorsqu’on connait le pedigree du réalisateur, et de son producteur, l’immense Dhanush...
Je reste quand même interdit devant ces interminables scènes de torture où les acteurs reçoivent des coups de bâtons dans tous les sens, les expressions de douleurs, les cris, les tortillements sous la sécheresse des coups qui claquent ne semble pas feinte. Je ne sais pas s’ils torturent vraiment leurs acteurs pour une question de réalisme, mais le résultat est aussi glaçant qu’impressionnant. Une fois je me suis pris juste un manche de râteau dans le coin de la gueule, j'ai couiné 3 jours. Clairement, je suis pas prêt à être soumis à la question dans un comico du Kerala !
Bref, c’est bien dommage que Visaranai soit totalement inconnu par chez nous, parce qu’il s’agit là d’un des plus grands films politique de ces 10 dernières années !