Oubliez les drames familiaux engoncés dans le dolorisme bourgeois : avec VISITOR Q, Takashi Miike dynamite la bienséance à coups de vidéo numérique crue et d'outrances viscérales. Tourné à l'arrache sous l'égide du projet Love Cinema, ce métrage refuse la complaisance académique pour plonger dans l'abjection totale d'un foyer tokyoïte à la dérive.
Porté par un Kenichi Endō en roue libre et la présence mutique et spectrale de Kazushi Watanabe, le film balance entre comédie noire féroce et horreur sociale sans concession. Mais réduire VISITOR Q à sa seule litanie de provocations craspecs serait passer à côté de l'essentiel. Sous le sperme, la nécrophilie et le lait maternel se terre une relecture monstrueusement subversive d'un classique italien, dont le dénouement surréaliste continue de diviser les exégètes du cinéma asiatique extrême.
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