Ce qu’il y a d’original dans Vitus, c’est le refus du pathétique dans un registre mélodramatique pourtant clairement assumé : le film offre une forme de rêverie réaliste où l’enfant n’est pas tant un être caractérisé par son âge qu’un état d’esprit, une naïveté première source d’émerveillement. Ainsi, le plus enfant des protagonistes est le grand-père, incarné avec tendresse par le regretté Bruno Ganz qui livre une performance touchante et tout en retenue. À l’image de ce long-métrage suisse à la mécanique un peu trop verrouillée mais gorgé d’un humanisme réjouissant.