En français le titre "Vivaldi et moi" dessert le film, le titre italien "Primavera" convient mieux au propos et à ceux qui connaissent Vivaldi.
Par "moi" il faut traduire Cecilia abandonnée nouvelle-née à l'orphelinat de la Pietà à Venise au debut du XVIIIème siècle, comme toutes ses comparses. Cet orphelinat pourvoit à l'éducation des filles pauvres, abandonnées par leurs mères, et selon leurs aptitudes elles étudient la musique à haut niveau pour donner des concerts réputés dans la Sérenissime. Les riches vénitiens amateurs de musique s'ils sont satisfaits feront de belles donations à l'école.
Mais les réputations vont et viennent, la côte de la Pietà est en baisse, il faut alors recruter Vivaldi comme nouveau directeur musical providentiel. Exigeant, taiseux et passionné il repère vite le talent supérieur de Cecilia dont il fait son premier violon. Jeux de regards entre le maestro et l'élève douée qui progresse. Les nobles accourent de nouveau à la Pietà dont la réputation s'accroît.
Même si le film est de facture classique et linéaire, j'ai aimé ce qu'il donne à voir des relations de pouvoir à plusieurs niveaux, celle entre le directeur de la Pietà avec le nobles avec forces flatteries et aussi avec les puissants tel le doge ou un roi en visite. Également les rapports de domination entre hommes et femmes, surtout les élèves dont le sort dépendra de leur capacité à se voir proposer un beau parti, en général un militaire âgé et couvert de gloire.
Or Cecilia qui ne vit que pour la musique doit se soumettre à son corps défendant, elle sera enfermée au cachot pour revenir à meilleure composition, soit épouser le parti qu'on lui a assigné.
Cecilia est sans doute en avance sur son époque par son indépendance d'esprit. Elle paiera d'ailleurs au prix fort sa liberté.
Belle photographie. Le rôle de Cecilia est très bien incarné.